Un jeu de Sony suscite une vive controverse depuis deux semaines, puisqu'au cours d'une mission de ce jeu, le joueur doit déjouer un groupe de terroristes du FLQ, prêt à prendre d'assaut le métro de Toronto.
Le 10 octobre dernier, à l'émission Infoman de Radio-Canada, un reporter s'étonnait de la sortie prochaine d'un jeu vidéo "dans lequel une cellule terroriste québécoise tente de s'emparer du métro de Toronto". Deux semaines plus tard, la porte-parole du Bloc Québécois en matière de Patrimoine et députée de Québec, Christiane Gagnon, s'indigne "qu'une entreprise sérieuse comme Sony veuille commercialiser un jeu vidéo qui met en scène des souverainistes québécois dans le rôle de terroristes" et demande "à Sony de ne pas mettre ce jeu en marché et de présenter des excuses aux Québécoises et aux Québécois".
Depuis, la manchette a pris de l'ampleur en étant reprise par RDI et LCN. Sony Computer Entertainment America a aussitôt annoncé que cette mission spécifique avait été retirée du jeu Syphon Filter: Omega Strain, dont la sortie était prévue pour le début de l'année prochaine. Un porte-parole de la compagnie a même annoncé que cette mission et toutes références à celle-ci avaient été retirées précédemment, au cours d'une phase d'évaluation d'un des prototypes du jeu. La série Syphon Filter suit les péripéties de Gabe Logan, un agent secret du gouvernement américain, chargé de neutraliser des terroristes au cours de différentes missions.
Lorsque ce jeu a été présenté au Electronic Entertainment Expo en mai dernier, moi et mes collègues avions aussi été surpris de découvrir l'existence de cette mission et avions pris une photo, où l'on peut clairement lire "Toronto, Canada : Quarantine Zone" et "QLF : Quebec Liberation Front". Même si le quatrième volet de la série Syphon Filter n'était pas le premier jeu à s'inspirer de groupes terroristes réels ou fictifs, de guerres historiques ou hypothétiques, cela aurait été le premier à dépeindre une faction terroriste québécoise.