Selon l'Office québécois de la langue française (OQLF), amiradier serait le terme francophone approprié pour «unfriend» ou, selon la définition, «retirer quelqu'un de sa liste d'amis dans un site de réseautage social, rompant ainsi le lien créé précédemment».
Pourquoi amiradier une personne que l'on aurait préalablement acceptée dans son réseau? Les raisons que l'on donne sont nombreuses, mais essentiellement tout revient à une question de ressemblance. Les gens s'entourent volontairement et consciemment d'autres personnes qui pensent comme eux, qui ont les mêmes valeurs ou les mêmes intérêts. On retrouve alors des pâles reflets de ces individus dans les gens qui les entourent ou alors des personnalités publiques pour nourrir un désir quelconque qu'il soit issu du voyeurisme ou de ses ambitions.
Dites-moi qui vous suivez et je vous dirai qui vous êtes semble alors être une constance sur les réseaux que l'on qualifie de conversationnels. On aura alors recours à des expressions socialement acceptables pour baser ses choix sur des perceptions ou sur des liens plus ou moins concrets qui sont loin d'être toujours bidirectionnels, tout devient alors une question de liberté individuelle.
Le 4 janvier dernier, le chroniqueur de La Presse Pierre Foglia écrivait Expliquez-moi ce rien qui a fait réagir plusieurs internautes. «A-t-on à ce point besoin de ne rien se dire pour se reconnaître et s'apprécier?», questionnait-il.
Ce qu'il appelait un rien est en fait un vide, ce qui semble rallier les gens les isole davantage alors que tout et chacun tient en ses mains son crachoir pour défendre sa vérité et trouver le soutien de ses opinions grâce à son réseau à son image.
Alors pourquoi amiradier? Pour se conforter dans ses propres opinions? Je préfère qu'on me remette en question, qu'on questionne ma pertinence, qu'on me défie par des joutes amicales, qu'on me qualifie encore «d'Echos Vedettes de la blogosphère» plutôt que de retirer de mon réseau une personne qui me permettrait de connaître un univers différent du mien. Autrement, on se ferme à une multitude de conversations et au monde malgré ce que l'on prône par l'utilisation de ces réseaux.
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Pensée unique
par Josianne Massé
Ma page FACEBOOK sarcophage, vide comme une vieille souche pourrite fait que je n'ai jamais besoin d'amiradier, voici pourquoi…
Une page Facebook d’homme de 52 ans. J’y parle de mes livres, j’y entretien des liens plates avec des groupes creux, j’ai un petit nombre d’amis (moins de 30), des anciens de collège, des soeurs, neveux, nièces, des ventrus, des pelés, des tondus. Personne d’important ou d'inconnu n’est mon ami Facebook… Ronron, je n’y vais pas souvent et n’y discute pas grand chose. C’est comme le titre d’un bel album de Miles Davis du siècle dernier: DECOY. Le sénat canadien en quelque sorte. Les enfants la visitent et n’y voient que le feu qu’ils veulent bien y voir (car ils ne sont dupes de rien)…
Ce qui m’arrive de sauvage et de fou est ailleurs… parfaitement et intégralement invisible, à l’ancienne… L'amiradication est une inutilité objective, dans ce genre de dispositif.
Paul Laurendeau
(barbu, debout avec un ordi et une batterie derrière moi)