Au printemps dernier, un autre livre se voulant un guide d'introduction sur les médias sociaux a été publié. Ne connaissant l'auteur ni de nom, ni de réputation, je n'y ai pas porté attention. Ne faites pas la même erreur.
Raymond Morin est un «auteur et conférencier sur la culture numérique et les nouveaux médias» selon le profil de son site Internet. Il aborde, dès les premières pages de son livre Comment entreprendre le virage 2.0, une possible «démocratisation de la chaîne de production» par le Web 2.0. Il propose une remise en question du phénomène de masse et observe ce qu'il appelle des «marchés de niche». Le livre permet d'entrevoir la naissance d'une nouvelle théorie de communication dans quelques lignes analysant non seulement le phénomène des réseaux sociaux, mais les comportements de société dans leur ensemble. Le média a toujours le pouvoir de rejoindre la masse, mais le Web 2.0 permet de joindre directement l'internaute. Le Web 2.0 serait-il le moyen pour renverser les effets de l'industrialisation sur les médias?
S'il est audacieux dans ses premières pages, Raymond Morin reprend rapidement un ton plus traditionnel pour démystifier l'utilisation du Web 2.0 par les entreprises, surtout les petites et moyennes entreprises (PME) selon ma compréhension des enjeux cités. C'est peut-être ce qui explique le fait qu'on n'y trouve aucune mention sur les gestionnaires de communautés ou de médias sociaux, une profession qui reste encore à définir.
Dans sa conclusion, Raymond Morin insiste pourtant sur le fait que l'on ne doit pas s'arrêter au livre. Si son contenu dresse un intéressant portrait de l'utilisation du Web 2.0 en entreprise, il demeure un guide pour faire ses premiers pas dans cet univers. Un guide qui est toutefois très bien construit et qui permet de donner au lecteur une multitude d'informations pertinentes sur le sujet sans se perdre dans un langage trop complexe. Tout est expliqué au fur et à mesure, facilitant la lecture et la compréhension.
Le chapitre sur l'intelligence collective et les wikis m'interpelle particulièrement, étant attirée par ce moyen de transfert des connaissances à l'intérieur d'une organisation, mais aussi pour mettre en place des projets de façon productive sans multiplier les rencontres et les déplacements.
Mario Asselin a déjà fait une critique sur le livre de Raymond Morin. Je vous y réfère, car les points qu'il soulève sont pertinents et je partage son opinion sur l'ensemble de ses impressions de l'ouvrage.
par Josianne Massé