Serveurs hébergés par iWeb
Infrastructure gérée par: Savoir-Faire Linux

Services


Blogue
Blogosphère
chaque lundi, mercredi et vendredi

lundi 9 août 2010 à 8H45

Quand Twitter devient un monstre incontrôlable


image:http://assets.branchez-vous.net/images/techno/flickr.jpg

Vincent est jeune et journaliste. Du jour au lendemain, il s'est retrouvé au centre d'un tourbillon qui aurait pu être évité. Cette histoire se passe en France principalement, mais elle aurait très bien pu se passer au Québec.

L'histoire a débuté par une lettre. La lettre est adressée aux employeurs de 5 journalistes que l'on accuse d'entretenir des comptes anonymes et d'y tenir des propos homophobes et calomnieux. La lettre circulait dans un petit groupe de personnes jusqu'à ce que l'un des signataires l'envoie à une personne qui l'a envoyée à une autre qui l'a aussi envoyée à d'autres, etc. Elle s'est vite retrouvée largement diffusée sur Twitter. Le téléphone arabe version 2.o.

Rejoint par GTalk, Vincent, l'un des journalistes que l'on accuse, m'a expliqué son point de vue:

«Procéder de la sorte en supposant que 5 personnes sont derrière tous les comptes anonymes est absurde, d'autant que la plupart des infos de la lettre sont fausses. On ne s'est pas du tout rencontré à l'ESJ, voire un des 5 je ne le connais même pas, 2 des 5 ne sont pas des journalistes. Bref, tout est faux.»

Plusieurs personnes seraient victimes de moqueries de certains comptes qui gagnent en popularité dont humourdedroite qui fait de l'humour, parfois au dépend de certaines personnes, sous le couvert de l'anonymat. La bio de ce compte annonce bien ses couleurs: «Si vous n'êtes pas contents, vous n'avez qu'à aller en Corée du Nord».

Capucine, l'une des signataires de la lettre et journaliste aussi, a été dénigrée et insultée par chacun des comptes cités dans la lettre. C'est pour faire cesser ces agissements qu'elle a accepté de cosigner la lettre.

«Il faut tout de même être assez désoeuvré pour créer des faux comptes Twitter et insulter les gens toute la journée, non?», m'a-t-elle écrit dans un courriel dans lequel elle répondait à mes questions.

Elle insiste tout de même sur le fait que la lettre n'était qu'un brouillon, qu'elle n'y avait pas encore ajouté son grain de sel, mais qu'elle avait bien l'intention de la signer. Mais elle craint que la diffusion de la lettre dans son état brouillon par l'entremise des réseaux sociaux ne fasse qu'envenimer les choses.

Selon Vincent, le réel problème derrière cette histoire vient du traitement médiatique que reçoivent des personnalités du web, comme s'ils étaient des personnalités publiques.

«À partir du moment où l'on s'expose, il faut en accepter les conséquences. Moi-même je me fais attaquer souvent, mais je ne vais pas écrire une lettre pour me plaindre», m'a-t-il précisé.

Vincent admet que même si les tweets ne sont pas condamnables, l'effet de masse peut déstabiliser un individu. Selon lui, la seule façon de se protéger de ces attaques est de s'exposer moins.

Photographie: Rosaura Ochoa


par Josianne Massé

DERNIERS ARTICLES DU BLOGUE



VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 2 commentaires


  • Yann Leroux a dit le 12 août 2010 Signaler ce commentaire

    Twitter n’est pas un monstre. C’est un média. Mais il est possible d’en avoir une utilisation monstrueuse et c’est ce qui s’est passé. Des personnes ont été harcelées, certaines pendant des moins, à coup d’allusion, de propos sexuellement explicites, et de calomnies

    Le premier reflexe est souvent de se dire que tout cela n’a pas beaucoup d’importance et qu’il ne s’agit somme toute que d’un jeu. C’est précisément ce qui se passe dans les cas de harcèlement moral ou sexuel. Pourtant, nous savons aussi que le harcèlement conduit à des effondrements psychiques graves, et dans certains cas, malheureusement, à des issues fatales.

    Vincent n’est jamais loin de la meute de retwitters et de faux comptes qui « s’amusent » à harceler des personnes sur Twitter. Ce n’est pas pour rien si « il s’est retrouvé au centre d’un tourbillon ». Ce n’est pas une victime. C’est un acteur.

    La dernière victime en date s’est révélée être une personne influente dans le milieu du journalisme. Cela a fait quelque peu reculer les agresseurs : ne sont ils pas allés trop loin ? N’ont-ils trop joué avec le feu ?


    Les victimes ont fini par organiser une réponse : la fameuse lettre. Faut-il préciser que ce n’est pas parce que un détail est inexact que l’ensemble est faux ?


    La lettre s’est ensuite retrouvée dans l’espace public. C’est typiquement un procédé de pervers moral : mettre dans le public ce qui est privé ; retourné l’intimité des personnes attaquées comme un gant. Le mouvement suivant est de se présenter comme le Chevalier Blanc. La victime devient l’agresseur. L’agresseur devient la victime. Second retournement.


    Dire que le problème vient « du traitement médiatique » c’est dire qu’il ne faut pas parler de ce qui ne va pas sur Twitter. Il faudrait donc laisser les agresseurs à leur plaisir et les victimes à leur souffrance ?

  • jérome a dit le 12 août 2010 Signaler ce commentaire

    Ton analyse victimes/agresseurs est vraiment manichéenne, Yann.

    Et écrire une lettre pour dénoncer aux autorités et leurs employeurs plusieurs personnes, et ce sans aucune preuve, c'est au mieux une erreur, au pire, une faute.


ABONNEZ-VOUS GRATUITEMENT


     bi-hebdomadaire et en HTML - exemple
Votre adresse de courriel:




Problème technique, commentaire, suggestion? Contactez-nousSite hébergé par iWeb
Publicité: BV! Media
aussi dans notre famille