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mercredi 31 mars 2010 à 18H26

Budget: les réseaux sociaux dispersent au lieu de rassembler


image:http://assets.branchez-vous.net/images/branchezvous/raymondbachandbudget20102.jpg

Les réactions à l'égard du budget annoncé hier fusent de toutes parts sur la blogosphère et sur Twitter. Rien de bien surprenant quand on s'attarde à analyser les différents éléments touchant la classe moyenne.

Mes collègues Anne-Caroline Desplanques et Olivier Caron l'ont très bien résumé.

Par le blogue Non aux hausses!, l'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante, tente de rallier la population à leur cause avec une manifestation contre le budget qui se tiendra demain le 1er avril au Square Philips à Montréal. Sur Facebook, on peut confirmer sa présence à une manifestation le 3 avril avec 21 invités confirmés et une autre manifestation avec 45 invités confirmés qui n'a pas d'endroit précis et une durée de plusieurs heures. Toutes sont d'initiatives différentes et ont comme but de dénoncer le budget provincial, mais peut-on prendre au sérieux ces actions, aussi bien intentionnées soient-elles, alors qu'elles sont autant éparpillées?

Dans son billet Budget, argent et hausse de tout, Photosmax a écrit :

«D'un côté, tu peux affronter tout ce qui brandit une cause ou une pancarte et de l'autre, augmenter les tarifs, les taxes et les impôts... ce qui est avalé en trois jours par les citoyens parce que l'immense majorité s'en fout complètement.»

Sur Twitter, on arrive à hisser au sommet des sujets populaires le hashtag #cvrapaille sans effort. Imaginez ce que nous pourrions faire si nous y mettions les énergies nécessaires. N'est-ce pas le pouvoir des réseaux sociaux de donner la parole aux citoyens afin, éventuellement, qu'en découlent des actions concrètes?

Pourtant, quand je regarde la communauté web d'Obama, je me dis qu'on a peut-être besoin de se faire organiser le changement, même s'il est souhaité de la majorité.

La population a-t-elle besoin d'être encadrée jusque dans la réalisation d'idéaux? La population a-t-elle besoin d'être poussée au changement par une communauté qui sollicite l'engagement de ses membres plutôt que de partir des désirs de ceux-ci? Avons-nous donc tant besoin de structure pour transformer nos pensées en actions?


par Josianne Massé

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VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 1 commentaire


  • Anne-Marie Provost a dit le 2 avril 2010 Signaler ce commentaire

    Ce texte incite beaucoup à la réflexion, j'aime :)

    Je ne pense pas que je dirais que ce sont les réseaux sociaux qui dispersent. En fait les plates-formes de réseaux sociaux dans un contexte de mobilisation sociale permettent surtout de voir jusqu'à quel point une mesure suscite des réactions spontanées et étendues. Pour moi le web sert beaucoup à mesurer ce qu’il se passe socialement et le potentiel d’une future mobilisation.

    Je suis beaucoup ce qu’il se passe sur le net au niveau politique. Habituellement une décision du gouvernement (par exemple la modification d’une loi) ou d’un groupe quelconque suscite une réaction du genre on publie sur son statut, on joint un groupe, on joint un évènement et les gens d’une organisation précise créent un groupe contre la mesure. Habituellement, ce genre d’actions s’auto-spin dans les mêmes réseaux militants et des organisations, qui restent souvent relativement restreint quand on compare ça à la population en général. Concrètement ça donne des groupes facebook d’environ 500-1000 personnes, des manifs d’environ 1000 personnes, quelques lettres ouvertes dans les médias et des articles dans les médias, mais ça ne crée pas nécessairement un enjeux social. C’est donc peu éparpillé.

    Sur la question du budget, on n’est pas dans la même game. Il y a quand même environ 75% des gens contre le budget selon un sondage de QMI, et on sent une vibe contre le budget chez les journalistes. Depuis le 31 mars, j’ai vu passer environ une 15e de groupes/pages Facebook contre le budgets, pour la démission du gouvernement à cause du budget ou contre des mesures particulières du budget (ticket modérateur en santé, etc.). Des gens ont créé des groupes pour inciter à la mobilisation massive, on y voit pleins de suggestions du genre mettre le gouvernement en lock out, faire une manif de 100 000 personnes sur la colline parlementaire, etc. Et dans la majorité des cas ces gens ne font pas partis des réseaux connus de militants qu’on retrouve sur Facebook et qui démarrent et se joignent à ce genre de groupe habituellement.

    C’est donc normal que les idées et actions spontanées soient plus présentes et ça a son charme. Je pense que pour un média, une action vraiment spontanée et grassroth fait changement des groupes de pressions habituels qui font des actions plus corporatistes. Ultimement je pense que ça vient compléter ce que les groupes font.

    Dans l’exemple que tu donnes, tu cites 3 mobilisations différentes qui s’organisent via le net. Toutefois je pense qu’il faut prioriser. Le blogue nonauxhausses.com est le blogue de la coalition contre la hausses des tarifs et de la privatisation qui a a organisée la manif du 1er avril contre le budget. L’évènement Facebook a attiré 1 593 attending, ce qui est énorme comparativement au nombre d’attending habituel pour une action (http://www.facebook.com/?sk=events#!/event.php?eid=379330015534). On a donc affaire ici à un mouvement réellement organisé, couplé à des initiatives citoyennes de moins grandes envergures.

    Pour moi la population a surtout besoin d’avoir l’impression que “quelque chose se passe”, qu’un mouvement est en marche et que le citoyen moyen n’est pas tout seul à penser que le budget c’est cave ou que la privatisation du secteur de la santé c’est mauvais. Je pense que c’est le rôle des organisations structurées d’optimiser la force de frappe d’un mouvement, et ça incite à participer et à créer des actions plus citoyennes de son côté qui viennent ensuite s’intégrer à ce que les groupes plus organisés font. Les réseaux sociaux sont un excellents moyens pour faire ça. Ensuite, les mouvements organisés doivent être alerte de ce qu’il se dit du côté des citoyens non-impliqués politiquement habituellement et voir les tendances qui ressort, pour ne pas se détacher de cette base.


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