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mercredi 10 février 2010 à 0H30

Ed est dead


image:http://assets.branchez-vous.net/images/techno/edhardcorettes.jpg

La première fois que j'ai croisé Ed c'était au lancement de son premier livre, Prison de poupée. J'étais accompagnée d'une amie qui portait encore les marques de sa passion sur ses fesses. Je n'ai jamais vraiment aimé le personnage qu'il incarnait, mais je m'étais promis de vous le présenter un jour. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit pour son suicide littéraire.

Il est connu sous le nom d'Edouard H. Bond ou Edouard Hardcore. Ed pour les intimes. Plusieurs dizaines de femmes se sont dévoilées en photographiant des parties de leur corps sur lesquelles était inscrit Ed, accompagné parfois d'autres mentions particulières. Ed les publiait sur un blogue qu'il avait nommé les Hardcorettes. Ed a fermé deux blogues dont ce dernier, il ne reste alors que 666 d'Edouard H. Bond dans la blogosphère.

Ed se dit maintenant désillusionné de la littérature et des blogues. Sans bourse et sans reconnaissance, il a décidé de mettre ses énergies ailleurs. C'est pourquoi, après six ans d'écriture et un deuxième livre passé inaperçu, il abandonne sa plume pour travailler dans une imprimerie, en infographie.

Ed était prisonnier d'une image trash. Il se faisait largement détester. On l'a invité à de faux rendez-vous pour se moquer de lui et on l'a traité de batteur de femmes. Ed, même s'il était un personnage, se rapprochait de son auteur et n'était pas insensible aux multiples critiques.

«C'était beaucoup moi, avec des fleurs fanées autour.» , m'a-t-il avoué au téléphone.

Pourtant, une Hardcorette qui a demandé à conserver son anonymat décrit Ed comme étant un homme doux, sensible, attentionné et affectueux derrière les portes closes.

Même si je n'embrassais pas l'étendue tordue de ses pensées lorsqu'elles se dessinaient dans les différents textes qu'il écrivait, je respectais le personnage comme plusieurs autres. Avec sa taille fine et son ventre arrondi qu'il mettait en valeur dans des vêtements crasseux, il savait choquer par sa simple présence.

Est-ce que le personnage était devenu trop lourd à porter? Edouard H. Bond m'a parlé avec une lucidité déconcertante des travers qu'il a pu inculquer, de son influence sur son lectorat et de son apport à la littérature. Il n'est pas tendre lorsque vient le temps de qualifier son oeuvre et parle de pathétisme sans retenue. Il y a aussi l'amour d'une femme derrière ces changements, même si ce retournement soudain en fait sourciller plus d'un.

«Elle essaie de reprendre ma vie en main.», m'a dit Ed.

S'il renonce à l'écriture, Edouard Hardcore devrait tout de même conserver sa présence sur Facebook et Twitter.

Edouard H. Bond a publié deux Coups de tête: Maudits! en 2009 et Prison de poupées en 2008. Il a aussi publié le livre électronique J'irai me crosser sur vos tombes en 2009 chez Robert ne veut pas lire. Il est chroniqueur pour BANGBANG depuis 2005 et a publié plusieurs textes pour Urbania. Je vous invite aussi à lire et écouter Edouard Hardcore en entrevue avec Richard Martineau aux Francs Tireurs.

L'image qui accompagne ce billet est un montage de photographies tirées du blogue Hardcorettes et utilisées avec la permission des Hardcorettes présentes sur ces dernières.


par Josianne Massé

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