Développer son esprit critique, dans notre société actuelle, ne m'apparaît pas comme étant une qualité à souligner, mais bien comme une nécessité. Bombardés par des messages prenant des formes laissant parfois à désirer, on se questionne en groupe et on laisse l'état décider des barrières quant à l'éthique et à la moralité de ce à quoi nous sommes exposés. Et si nous reprenions le questionnement autrement?
Dans sa chronique l'Exil sur Montreal Express, Michel Vézina écrivait :
«De la même manière, il est de notre responsabilité de lecteur, et ce de plus en plus, de vérifier nos sources : que l'information nous vienne d'un illustre inconnu ou du journaliste le plus chevronné, rien n'en indique la pertinence tant qu'elle n'est pas confrontée à la multiplicité des sources, des points de vue.»
L'information qui nous est livrée est toujours mâchée, prête à être consommée, voire même diffusée. Il ne suffit que d'un clic de souris pour transmettre un billet ou un article à un réseau élargi. La digestion n'est pas l'action de lire, mais l'assimilation lente en fonction de ses acquis permettant l'appropriation des données. Le lecteur ne peut pas être passif face à l'information qui lui est soumise. Quand le lecteur projette sa lecture ailleurs et autrement que ce qui lui est proposé, ne devient-il pas en quelque sorte un visionnaire?
Sur Axon post, Pierre Fraser demande : Avez-vous le courage de ne pas être comme tout le monde?
«Le visionnaire pervertit les normes, secoue les habitudes et les traditions, remet en question et s'oppose aux consensus et aux idées reçues.»
Ce n'est, à mon avis, que dans le développement de l'esprit critique que nous saurons préparer les jeunes à la citoyenneté pour faire face à une société qui multiplie les messages d'intérêts suremballés.
Image : Spetacles par misteraich
par Josianne Massé