Selon le code de déontologie de la FPJQ, «Les journalistes ne doivent pas se livrer au plagiat. S'ils reprennent une nouvelle exclusive qui vient d'être publiée ou diffusée par un autre média, ils doivent en identifier la source». Or, on me dit clairement, en appelant à la FPJQ, que le blogue n'est pas considéré comme un média. Fermons-nous les yeux devant le plagiat de la blogosphère au profit des grands médias?
Patrick Dion a écrit le billet Revendications paternelles pour exposer une problématique.
«... je ne saisis pas pourquoi certains blogueurs empruntent les découvertes des autres blogueurs sans mettre leurs adresses en lien. Un simple via xyz, en 8 point et en italique ferait la job. Mais non, certains blogueurs dont des journalistes professionnels revendiquent la paternité de tout ce qu'ils croisent. Je comprends que lorsqu'un sujet est chaud, on finit tous par le croiser tôt ou tard. Mais parfois, ça frise l'impossibilité. Certains sont même devenus des experts en "adoption". Au point qu'on en est même plus surpris. Une fois ça passe mais lorsqu'on récidive à une dizaine de reprises, ça frôle l'indécence.»
Patrick Dion tient à préciser qu'il n'accuse pas l'autre partie de plagiat, mais il souligne le fait que «certains s'attribuent facilement les idées et découvertes des autres sans mettre l'origine en lien». Il croit que quelques journalistes délaissent l'enquête au profit d'un collage de mots et d'idées empruntées... sans mention de la provenance. Patrick Dion m'a dit : «Je pense qu'une poignée de journalistes ne fouillent pas leurs sujets, mais je ne pourrais pas avancer que la plupart des journalistes font ça.» Même si cette situation n'est pas appréciée, Patrick Dion estime qu'elle est une perte par la force des choses, une cause directe et probablement incontournable des gains issus de l'écriture sur le web.
Patrick Dion, comme d'autres blogueurs, parle d'un code d'éthique intrinsèque à l'Internet, d'une communauté et de valeurs qui demeurent tout de même concrètement divergentes d'une personne à une autre. Il ne croit pas qu'il serait possible de légiférer l'Internet et de pousser une nétiquette. «Sa création occasionnerait la censure et ce serait la pire chose pour le web», m'a dit Patrick Dion.
En ce qui me concerne, je me questionne encore. Ne serait-il pas profitable aux blogueurs d'unir leur voix une fois pour toutes afin d'écrire un code de déontologie applicable à la vocation de blogueur? Serait-il ainsi réaliste de souhaiter la naissance d'une association de blogueurs réussissant à regrouper sous une même éthique, l'éclectisme de toute une communauté?
J'ai aussi discuté avec Cécile Gladel, journaliste et blogueuse. À suivre vendredi.
Image : Copy-paste par Tuexperto_com
par Josianne Massé
Ce questionnement est intéressant.
Pour avoir longtemps participé à des forums de discussion et avoir été modératrice pendant près d'un an dans l'un d'eux, de tels codes existent, mais nécessitent leur application via la présence de modérateurs dont le travail est loin d'être de tout repos.
L'adhésion libre à un code d'éthique pourrait certainement se vivre en indiquant, par exemple, dès l'arrivée sur un blogue, notre adhésion à ce dernier. Il faudrait, par ailleurs, réfléchir sur un tel code en commun pour en bâtir les bases. La constitution actuelle de la blogosphère, plus indépendante qu'un forum, rend la chose difficile.
Conclusion : bonne idée - difficilement applicable.
Je crois qu'un tel "code" ferait bien plus de mal que de bien.
Pour qu'un tel projet "marche", il faudrait qu'un "regroupement" de blogueurs soit uni, comme tu dis, pour dicter d'une certaine façon ses valeurs à un ensemble, revendiquant une certaine crédibilité, donc une pensée unique, d'une certaine façon.
On se retrouverait invariablement avec un noyau plutôt homogène de monde qui sont "des zamis dans la vie" et qui vont éditer des "lois" qui vont, le plus souvent, être conséquentes de leurs valeurs personnelles et, surtout, de leurs émotions.
On va donc se retrouver pile dans une situation où ce qui est "d'un commun t'accord" brimera la liberté d'expression.
Mettons que ça se fait: en qui ai-je assez confiance pour mettre mon éthique entre leurs mains?
Personne.
Je crois que la punition pour un plagiaire c'est de se faire exposer, et je l'ai déjà vu. Il y a aussi d'autres recours lorsque des blogueurs dépassent les limites de l'acceptable.
Je suis convaincu que c'était au moins aussi fort lorsque le web n'était pas présent, mais qu'on ne pouvait le savoir. Beaucoup plus facile de copier-coller une source internet que d'indiquer où nous avons pris ce passage écrit sur une fiche sur laquelle nous avons omis d'écrire le livre original.
Totalement opposée. C'est la loi qui crée les ayatollah, les juristes, les victimes. Cela ferait exploser les discussions vaines, c'est tout. Et donnerait encore la voix au moralisme mou qui sévit déjà partout.
Il serait peut etre utile de voir la blogosphère comme étant composée d'univers différents et former des sous groupes ayant des intérets communs.
Si je faisais de la recherche sur l'actualité du hockey et que des journalistes venaient piger sans meme me citer des info dont j'ai peiner à receuillir et qui sont inédites, j'aimerais me joindre à des gens qui vivent la meme préoccupation peu importe le sujet pour structurer un peu l'affaire.
Mais je ne fais qu'écrire des conneries anodines sur mon blog.
Mais je vois bien ceux qui ont des aspirations journalistiques ou encore d'écrivain se regrouper et s'organiser. Pourquoi pas, suffit juste d'ajouter un S à nétiquette et je ferai partout du groupe qui des désorganisés et laisserai ceux qui sont en besoin d'organisation le faire Ce truc généralisé et consensuel ne m'intéresse pas du tout.
Le premier paragraphe de votre texte est tout de même choquant. Pas surprenant mais assurément choquant. Que voilà une définition du mot «média» qui fait bien l'affaire du FPJQ. Une thèse de doctorat, une étude scientifique, un livre sont-ils des médias? Pourtant les journalistes ont toujours cités leurs sources dans ces cas. Pourquoi en serait-il autrement pour les blogues? Il est clair que l'esprit du mot «média» inscrit au code de déontologie des journalistes n'est pas si restrictif qu'il faille seulement l'associer à la radio, à la télévision et aux magazines.
Les informations révélés par le récent livre dont le sujet est la Caisse de dépôt et de placement peuvent-elles être plagiées? Ce livre est-il un «média»? Si ce volume est un média, sur quelles bases un blogue ne le serait pas? Et s'il n'en est pas un...pensez-vous qu'un journaliste aurait pu s'octroyer la paternité des informations sans risques de poursuites?
Le blogue n'est que le support, le contenant. Le contenu du blogue ne devrait pas être plagié sur la base que son contenant n'est pas «assujetti».
Cette position de la part de la FPJQ laisse, encore une fois, la perception que les journalistes n'ont que peu de respect pour le blogueurs. Pourtant, la crise qui secoue présentement les médias traditionnels devraient plutôt favoriser leur ouverture face au web 2.0. Le repli sur soi ne me semble pas, pour eux, l'avenue la plus prometteuse....
Tout à fait d'accord avec toi Patate! D'ailleurs, c'est déjà en place, quoique de façon officieuse, dans certains cercles, ces noyaux auxquels tu fais allusion.
Cette obsession des règles que l'on a! Il n'y a pas longtemps on abordait la même hypothèse avec Twitter.
Dénoncer le plagiat bien sûr. Mais instaurer des règles pour l'éviter? Come on... On a assez du gouvernement qui nous materne me semble.
C'est que j'aime bien ce billet moi!!!
Y'a l'aspect coïncidence qui entre en jeu aussi. J'peux écrire un billet sur un sujet et un autre a remarqué la même chose. Sinon, un lecteur peut lire par chez moi et aller en parler ailleurs pour que l'auteur de l'ailleurs reprenne à son tour le même sujet à quelques mots près tu vois ;-)
C'est là qu'un code "blog" devient pratiquement impossible à appliquer malheureusement...
Si je plonge dans le plagiat et qu'on m'en fait la remarque, je serais le premier à corriger le tir et à mettre en rétrolien le billet antécédent au mien.
Ça serait un début non?
Et en plus de faire ce qui est juste en correcte, en attribuant l'histoire à l’auteur original, on gagne le respect de non seulement nos lecteurs, mais aussi de ceux vers qui on pointe, qui eux-mêmes auront plus tendance à citer et pointer notre contenu par la suite.