Signe des temps, « La formation de Stephen Harper a choisi d'accréditer formellement les blogueurs, au même titre que les journalistes. » Ils considèrent que « les blogueurs représentent une source d'information «légitime» et qu'ils ont une influence de plus en plus importante dans le débat public. » Tout cela, dixit un article du journal Le Devoir.
Est-ce qu'il y a de quoi se réjouir? Pour ma part, je crois que oui, bien sûr, question de prêcher pour ma paroisse. D'un autre côté, Marie-Andrée Chouinard, du Devoir, fait de même, mais du côté journalistique :
Cette proximité des blogueurs avec les journalistes ouvre la porte à une nouvelle confusion des genres [...] En cette ère où l'humeur côtoie parfois sans nuance l'information factuelle, les citoyens peinent déjà à pointer la nouvelle brute, retransmise sans le filtre de l'impression et de l'opinion. [...] Mais à ce cirque de l'information déjà joyeusement compliqué, viendrons-nous ajouter l'emberlificoteur blogueur? [...] Le blogueur contribue assurément à la démocratisation du débat en discourant sur le Web. Mais de là à ce qu'on l'installe aux côtés de la presse, [...] n'y a-t-il pas là un faux pas qui mérite qu'on s'y attarde?>>
Dernièrement, un billet m'a chauffé un peu les fesses, juste assez pour que je le lise attentivement, et les commentaires, sans toutefois me commettre. En me mordant les doigts, je me le suis gardé pour le partager avec vous ici, bande de chanceux! Ainsi donc, le blogueur Tchendoh étalait sa théorie comme quoi bloguer serait, comme il écrit, « semi-loser ». Sa superbe chute l'explique bien (ceci écrit sans sarcasme) :
Les blogues, c'est plus le genre de truc avec lequel on demeure discret dans la vraie vie. T'as le semi-loser qui écrit et t'as d'autres semi-losers qui le lisent. Dynamique simple. C'est un peu comme aller aux danseuses de jour. Si tu reconnais quelqu'un, tu lui envoies le regard classique : « tu me stool pas, je te stool pas ».>>
Ce billet sera comme une réponse à mes deux derniers billets en lien avec l'argent. Alors que dans le premier j'exposais, entre autres, l'espoir de beaucoup de blogueurs d'être rémunérés, dans le deuxième il était question de la valeur des blogues (plus particulièrement des sites dans le billet). C'est en consultant le blogue de Vincent Abry que je suis tombé sur un vieux billet datant du mois de juillet 2007 qui étalait les revenus des plus gros blogues français (avec quelques entrées québécoises) et états-uniens. C'est assez époustouflant, surtout du côté de nos voisins du sud.
Je crois ne pas me tromper en écrivant que les blogueurs se posent, par curiosité, la question à savoir combien vaudraient leurs blogues, s'il était à vendre. Pour ce qui est de toute autre valeur, c'est tellement subjectif qu'il ne reste que la quantification monétaire pour pouvoir atteindre l'objectif.
Si vous voulez faire l'exercice, il existe un site (trouvé via Descary.com) pour ce faire. CubeStat.com, après avoir entré votre adresse de blogue (ou de n'importe quel site), donne la supposée valeur, le nombre de pages vues, les revenus publicitaires et quelques statistiques. J'écris « supposée » puisqu'il est clair, même selon le blogueur, qu'il faut le prendre avec un grain de sel.
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Encore une fois, on annonce les funérailles de la blogosphère... Cette fois-ci, ça vient d'un dénommé Paul Boutin via le site du magazine Wired : « Pour le journaliste de Valleywag, [...] les sites tels que Twitter, Flickr et Facebook ont donné un coup de vieux aux blogues en raison de leur convivialité et de la brièveté des contenus qui y sont publiés. (Source : Marc-André Brouillard -- Actualité Techno) ». Mais pourquoi alors n'ai-je pas peur qu'on abolisse cette section du site que j'occupe, trois fois par semaine, puisque mon champ d'intérêt concerne ce qui s'y passe?
En ce lundi, petite réflexion blogosphérique initiée par un billet de Caroline Guay, elle qui avait annoncé la fin (ou plutôt une très grande remise en question) de son blogue le 23 août dernier et qui est revenue en expliquer le pourquoi. Vous en jugerez par vous-même, mais je crois que cela réussit bien à décrire comment se sentent ceux qui laissent tomber :
Je pensais que j'arrêtais de bloguer parce que je n'avais plus rien à dire. [...] Ce n'est pas de bloguer qui m'insupportait le plus, en fait. C'était l'Autre. Les attentes des autres, plus précisément. Parce qu'au tout début, c'est pour moi que j'ai commencé à bloguer, [...] Le temps passant, [...] c'est pour les autres que je bloguais [...] Et ça, c'est pas bon. Parce que tout doit partir de soi, et tout doit y revenir, ultimement. [...] c'était devenu une corvée pour moi que de visiter tous ces blogues et de me creuser la caboche pour trouver quelque chose à commenter. Ça n'a rien à voir avec la qualité et l'intérêt des dits blogues, c'est juste que je me sentais obligée de le faire [...] Et à la fin, je me sentais aussi obligée d'écrire sur mon blogue, juste parce que des lecteurs s'attendaient à ce que je le fasse.>>
Qui n'a pas déjà rêvé de connaître la gloire? La célèbre phrase d'Andy Warhol trouve encore un écho retentissant jusqu'à notre tribu blogosphérique : à l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale. Qui dit web dit monde, et qui dit célébrité, dit blogue, puisque publier c'est graver sa propre essence dans le temps. Même si la pratique du blogue ressemble beaucoup à la vie sociale dans la réalitosphère, c'est le fait qu'elle se trouve dans le continuum de la communication médiatique qui la magnifie aux yeux du messager et du récepteur.
Dans mon billet précédent, en lien avec le sondage Technorati sur l'état de la blogosphère mondiale, je vous entretenais des sujets d'intérêts et de ce qui motive les blogueurs. Je continuerai sur cette lancée en discutant de la donnée monétaire, de l'identité et des impacts de la pratique du blogue.
Le 24 septembre dernier, je présentais ici les résultats d'un sondage Technorati sur l'état de la blogosphère mondiale, plus particulièrement sur la première partie qui concernait les gens pratiquant cette activité. Je me pencherai donc aujourd'hui sur la deuxième partie qui concerne les sujets abordés et ce qui motive les blogueurs. Il y a aussi une partie du sondage qui concerne le style de blogage, mais elle me semble moins intéressante.
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais mon adolescence fut beaucoup bercée par la lecture des livres de la série « Un livre dont vous êtes le héros ». Pour ceux qui ne connaissent pas, le livre permettait au lecteur de choisir la destinée du héros, dans un système sophistiqué où la lecture se faisait d'un bout à l'autre du livre, dans le désordre, selon le hasard des choix. Ce concept, quand on y repense dans le contexte actuel, donne l'impression d'être l'ancêtre du web 2.0, qui magnifie bien sûr la notion d'interactivité.
La bande dessinée est de plus en plus à la mode sur les blogues. Les succès des Pascal Colpron, Eva Rollin, Simon (de Ton papa me fourre) et Zviane, entre autres, ne se démentent pas. Dans tous les domaines artistiques que couvre la blogosphère, il est sans conteste que la BD, avec son alliage de visuel et de textes punchés et simples (en tout cas, pas comme cette phrase...), cartonne solide! (Bon, je me reprends un peu...)
Dans la continuité de mon billet où je relatais le projet européen de régulation des blogues par la députée estonienne Marianne Mikko, il s'avère que la publication d'un billet d'un blogueur citoyen, annonçant faussement que Steve Jobs aurait eu une crise cardiaque, est aussi en train de remettre en question l'importance de l'influence blogosphérique au niveau médiatique. Ce qui s'est passé, c'est que les actions d'Apple ont perdu rapidement 9% de leur valeur à la suite d'un simple billet, publié sur un blogue hébergé sur le site interactif de CNN, iReport. (Pour l'histoire complète et ses répercussions, lire le billet « Crise cardiaque de Steve Jobs: quelles limites pour le journalisme citoyen? »)
La vie blogosphérique a beau être en partie un calque de la réalitosphère, la mort (tirer la plogue d'un blogue) représente réellement un passage vers un autre monde, pour le meilleur, et en prime avec des possibilités exponentielles de résurrection...
Il y a comme une maladie infectieuse qui se propage dans la blogosphère citoyenne et corporative. Le tout nouveau site « Unissons nos voix » semble avoir fortement frappé l'imaginaire au point où beaucoup de blogueuses et de blogueurs ont publié des billets pour le promouvoir. Ça ressemble pas mal au buzz autour de Culture en péril. Mais bon, il est clair qu'il faut être déjà au moins un peu en accord pour en parler dans son chez-soi virtuel. J'ai donc cherché des voix un peu (ou très) discordantes et cela n'a pas été facile.