Je vous avertis à l'avance, le billet d'aujourd'hui ne sera pas jojo. Pas de rigolade, pas de jeux de mots poches, pas de bouffonnerie. Que voulez-vous, on ne peut pas soulever une controverse avec son humour à tous les jours! Vous savez ce qu'on dit : Traite-moi de concombre une fois, shame on you, traite-moi de concombre deux fois, shame on me! Ce que je m'apprête à partager avec vous est donc d'une extrême importance. On en parle trop peu, le sujet étant, pour je ne sais trop quelle raison tabou, surtout dans les médias. J'ai donc décidé de briser le mur du silence.
Un concept avec lequel j'ai de la difficulté est le suicide. Pas que je ne puisse comprendre que quelqu'un soit assez désespéré pour commettre cet ultime geste. Le désespoir ne peut pas se mesurer. Je peux concevoir que le malaise d'une personne puisse être tellement grand qu'il ne puisse plus voir aucune porte de sortie. Mais de là à commettre l'acte? J'ai beaucoup de misère à imaginer l'infime partie de la dernière seconde avant la tombée du rideau, quand la tête hurle pour la survie du corps. Je ne peux concevoir un seul instant que mon esprit pourrait me pousser au bout du désespoir.
Au mois de mai dernier, un blogueur du nom de Folliculaire écrivait un texte sur la prévention du suicide. Ce que ce dernier ignorait, c'est que suite à cette note, 187 personnes allaient aboutir sur son blogue en recherchant les mots Comment se suicider. Abasourdi, Folliculaire décida d'intituler un billet de cette façon afin d'attirer les candidats potentiels au suicide sur son blogue et les référer par la suite au bon endroit. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que plus de 3000 personnes répondirent à ce lugubre appel en moins d'un mois. Je le mentionnais plus haut, le désespoir ne se mesure pas mais à 36 000 personnes par année, la souffrance commence à compter trop d'adeptes. En tant que société, il est dans notre devoir d'agir. Et ça débute par le fait d'en parler. Merci Folliculaire d'avoir tendu la main.
Parce que la vie vaut la peine d'être vécue et parce qu'il reste toujours une infime parcelle de lumière au fond du tunnel, accrochez-vous, le temps d'un ultime appel.
par Patrick Dion
Merci du fond du coeur !!!
Merci premièrement à Caroline qui a été touchée par mon texte et également à vous. Le suicide est tabou mais si des journalistes comme vous en discutent, et bien c'est un grand pas vers l'« éclaircissement » de cette problématique.
Qui a dit que nous vivions dans une société individualiste au max et que plus personne ne se préoccupait de son prochain? Une preuve éloquente du contraire. Nous sommes tous de parfait inconnu l'un à l'autre, mais pourtant nous nous aidons...
Mets s'en!! Je suis d'accord...Si on parlait de sujets tabous plus souvent sûrement qu'on vivrait dans un monde meilleur...La souffrance est très omniprésente dans notre société et en plus, bien souvent, elle est vécue dans l'isolement..(Pour ce qui est de l'isolement, je sais de quoi je parle). On ne vit pas dans une société qui priorise le cheminement personnel, le bien-être, la créative et j'en passe...On a besoin de changer nos croyances mais pas seulement à un niveau individuel mais collectif.. Pff! Pas demain la veille... Mais bon à lire votre billet je réalise qu'il y a et y aura toujours des gens qui s'impliquent à ces genres de causes...
Merci d'en parler...
Colourful V.
Je me souviens, un peu à la même époque, avoir lu une série de billets sur le même propos, à partir de celui de Phil, le barman, parce que sa copine avait été hospitalisé pour une tentative de suicide. J'avais répondu par mon billet, suivi de celui de Nicole, et d'un autre, et d'un autre... quand on défait un tabou par les mots...
Important et essentiel, que le tien.
C'est décidément un petit gars drôlement bien, notre Patrick Dion...
Merci, Camarade :-)