Bien que les téléphones intelligents - outils indispensables de communication et de navigation mobile - se soient grandement démocratisés dans le monde en raison de la flexibilité qu'ils accordent à leur usager, ils ont montré cette année leur face cachée. Celle-ci a vite pris des airs de scandale, en se révélant être la vectrice de véritables petits mouchards...
L'affaire a été ébruitée à la fin novembre lorsque Trevor Eckhart a décidé de partager publiquement sur YouTube l'objet de sa découverte, qui était certes des plus surprenantes. Le programmeur a repéré un logiciel espion imperceptible, conçu par CarrierIQ. Sur son site, cette entreprise se targue même que son logiciel est installé sur près de 150 millions de cellulaires dans le monde...
L'application serait en mesure d'épier les faits et gestes des utilisateurs: que ce soit leur localisation, le contenu des SMS, les requêtes effectuées sur les moteurs de recherche, l'historique des appels, les applications actives sur le téléphone, etc. Vers la mi- décembre, le président de Google M.Schmidt a vivement condamné Carrier IQ pour son rôle dans le scandale d'espionnage de données: «C'est un enregistreur de touches qui consigne réellement chaque touche enfoncée, a-t-il affirmé. Nous ne travaillons pas avec eux et nous n'encourageons certainement pas ça».
Les fabricants se sont rapidement scindés en deux groupes après la divulgation de cette nouvelle. Le premier (composé notamment d'Apple, de HTC et de Samsung) a admis la présence dudit logiciel dans leurs appareils, tandis que le deuxième groupe (formé par RIM, Nokia et Microsoft) nie formellement faire usage du mouchard.
Les usagers, dont on peut facilement deviner le grand mécontentement, ont déposé une demande de recours collectif contre huit de cess grands noms de l'industrie, à la cour fédérale de Willmington au Delaware, pour qu'ils répondent à des allégations d'espionnage. Même le Sénat américain s'est mêlé de l'affaire en sommant CarrierIQ, qui fait aussi l'objet de poursuites, de lui rendre des comptes dans les plus brefs délais.
Cette situation ne s'améliorera certainement pas avec les années. Les téléphones deviendront plus vite qu'on ne le croit les objets fétiches des pirates mal intentionnés, puisqu'ils leur permettent de soutirer toutes sortes de données confidentielles à leurs usagers.
Logiciel espion dans des millions de téléphones: des fabricants répondent
Logiciel espion : un recours collectif vise des entreprises de téléphonie mobile
Au tour de Google de condamner Carrier IQ
par Aude Boivin Filion