La Chine veut devenir une puissance spatiale. Dans un Livre blanc dévoilé hier, elle a annoncé les grandes lignes d'un ambitieux plan quinquennal d'exploration spatiale qui lui permettra d'accroître sa présence dans l'espace.
Les autorités chinoises ont énuméré une vaste gamme d'objectifs dont le développement de nouveaux moyens de transports, la mise en orbite de laboratoires et d'une station spatiale, l'accroissement du nombre de vols spatiaux habités et, ultimement, la préparation d'une mission lunaire.
«Durant les cinq prochaines années, la Chine renforcera ses capacités de base dans l'industrie spatiale, accélèrera la recherche sur les technologies de pointe et continuera de mettre sur pied d'importants projets scientifiques et technologiques,» a annoncé le rapport chinois.
Bien qu'elle soit encore en retard par rapport à ses rivaux américains, la Chine augmente graduellement sa présence dans l'espace. En 2003, elle est devenue la troisième puissance, après les États-Unis et la Russie, à envoyer par ses propres moyens un homme dans l'espace.
Ci-dessous, vous pouvez regarder une vidéo montrant le lancement en 2008 d'une fusée chinoise lors d'une mission habitée:
D'ici la fin de 2016, la Chine se donne comme premier objectif de se doter d'une meilleure capacité de transport spatial. Elle s'engage donc à développer une nouvelle génération de fusées, la série «longue marche», qui pourront transporter de plus lourdes charges et qui seront propulsées par un carburant non-toxique et non-polluant.
L'agence spatiale chinoise souhaite également augmenter la fiabilité et l'efficacité de ses sites de lancement d'engins spatiaux. En ce sens, elle terminera la construction du centre de lancement de satellites Wenchang de l'île de Hainan. Situé près de l'équateur, ce centre permettra aux fusées de se lancer en orbite avec des cargaisons plus lourdes.
La Chine espère que l'amélioration de son réseau de transport spatial lui permettra d'atteindre ses autres objectifs, plus ambitieux. Entre autres, elle souhaite construire des laboratoires spatiaux dans lesquels elle pourra perfectionner les techniques de séjours de moyenne-durée de ses taïkonautes.
L'objectif ultime du plan spatial chinois est de lui permettre de devenir la deuxième puissance spatiale à poser le pied sur la Lune. Bien que le rapport n'offre aucune prévision quant à la date d'un éventuel alunissage, il annonce le projet d'envoyer d'ici cinq ans un robot mobile faire un voyage aller-retour vers la Lune.
En plus des projets d'exploration, le Livre blanc chinois prévoit l'achèvement du système de positionnement par satellites Beidou d'ici 2020. La Chine a annoncé que ce rival au système américain GPS devrait être en mesure de couvrir la région de l'Asie-Pacifique l'année prochaine.
par Frederique Charest