Facebook suivrait l'activité Internet des utilisateurs, même après l'annulation de leurs comptes, a déclaré mercredi l'agence allemande de protection des données et de la vie privée.
Après une enquête sur la façon dont les témoins (cookies) sont installés après qu'un utilisateur ouvre et ferme un compte Facebook, l'agence de protection des données de Hambourg a déclaré sur son site Web qu'elle soupçonne la compagnie de suivre illégalement les activités de ses abonnés.
«L'argument voulant que tous les utilisateurs doivent rester reconnaissables, même après qu'ils aient quitté Facebook, pour garantir la sécurité du service ne tient pas la route», a déclaré Johannes Caspar, chef de l'agence: «Cela nous porte à soupçonner Facebook de créer des profils des utilisateurs», ce qui serait illégal si les utilisateurs n'ont pas été prévenus.
Les témoins de connexion sont créés pour chaque nouvel utilisateur de Facebook et d'autres sont maintenues lorsque l'utilisateur quitte le service. Les témoins sont stockés pendant deux ans et permettent de clairement identifier les utilisateurs pendant ce temps, dit le régulateur allemand.
L'action du régulateur allemand s'ajoute à des enquêtes sur Facebook par l'agence irlandaise de protection des données et l'agence norvégienne de protection de de la confidentialité.
Un groupe de régulateurs de l'Union européenne a dit qu'il va chercher à savoir s'il y a eu des violations de la vie privée par le système reconnaissance faciale de Facebook.
Facebook, basé en Californie, a déclaré pour sa part dans un communiqué qu'il «ne suit pas les utilisateurs à travers le Web», et utilise des témoins pour personnaliser le contenu ou pour des raisons de sécurité.
La société a déclaré qu'elle compte supprimer les témoins «spécifiques» lorsqu'un utilisateur quittera Facebook et affirme qu'elle ne reçoit pas de données personnellement identifiables lorsque vous n'êtes pas connecté à Facebook et que vous naviguez sur le Web.
Les témoins qui resteront seront, utilisés pour identifier les «polluposteurs (spammeurs) et l'hameçonnage, et détecter quand quelqu'un tente d'accéder de façon non autorisée à votre compte.»
Le régulateur allemand affirme quant à lui que si Facebook a donné des explications détaillées sur la façon dont il utilise les témoins, les arguments de l'entreprise ne justifient pas pour autant ses pratiques.
La volonté de l'entreprise de discuter de ses procédés techniques est tout de même un pas dans la bonne direction, a admis le régulateur, qui a exhorté Facebook à contribuer à une clarification «publique et transparente » sur ce sujet et à progresser vers une solution en conformité avec la loi.
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par Nicolas Laffont