Matt Thompson et Robin Sloan du «Musée de l'histoire des médias» nous envoient en 2014. En 2004, ils ont créé un petit film d'anticipation en flash de 8 minutes. Dans leur scénario, 2011 est une année tournante...
En l'an 2014, les gens ont accès à une profusion d'informations inimaginable jusqu'ici.
Tout le monde y contribue d'une manière ou d'une autre.
Tout le monde est co-créateur d'un paysage médiatique qui vit et respire. Néanmoins, la presse, telle que vous la connaissiez, n'existe plus. Les forces du «Quatrième Pouvoir» ont décliné. Les organisations de presse du 20ème siècle ne laissent qu'un vague souvenir, les restes épars d'un passé encore proche.
Après les guerres de l'information de l'année 2010, en 2011 le Quatrième Pouvoir sort de sa léthargie et tente la première et ultime défense contre le géant Googlezon (association de Google et Amazon). La compagnie New York Times poursuit Googlezon en justice, arguant que le traitement robotisé de l'information mis en place par la société viole la loi sur le copyright. L'affaire remonte jusqu'à la Cour Suprême, laquelle décide le jeudi 4 août 2011 de donner raison à Googlezon. C'est le début de la fin pour les médias «traditionnels».

Le dimanche 9 mars 2014, Googlezon lance EPIC «Evolving Personalized Information Construct» (ou Agglomérat Evolutif d'Informations Personnalisées).
EPIC produit un contenu adapté à chaque utilisateur, basé sur ses choix, ses habitudes de consommation, ses domaines de prédilection, ses paramètres démographiques et son réseau social pour modeler le produit.
BRANCHEZ-VOUS! a interrogé Robin Sloan. Voici ce qu'il nous a dit à propos des divergences et des ressemblances entre leur scénario et la réalité présente.
«Comme toute science-fiction, EPIC 2014 en dit vraiment plus sur l'époque à laquelle il a était réalisé que sur l'avenir. Dans le film, vous pouvez voir une réelle préoccupation avec les machines et les algorithmes. Ce qu'il sous-estimait c'est la partie sociale du web - ce qui bien sûr a été si énorme en réalité, grâce à des services comme Twitter et Facebook.
Nous avions imaginé un étonnant algorithme qui voit tout, qui trierait les nouvelles pour vous. Sauf que dans la réalité (je pense) que l'algorithme s'est avéré ne pas être une intelligence artificielle, mais simplement tous vos amis et vos connexions qui travaillent ensemble. [...] Donc je pense que c'est le détail, plus que tout, qui distingue le vrai 2014 du 2014 fictif. Il s'avère que Googlezon existe, mais ce sont les gens que nous côtoyons et non des machines.»
Lors de la sortie de ce scénario, il était également facile de penser à une fusion des genres et de retrouver une touche de Second Life dans les moteurs de recherche par exemple. Le futur de tous les moteurs de recherche aurait pût se situer dans une «virtualisation» de l'information avec des avenues virtuelles où l'utilisateur se serait baladé et pourrait rentrer dans une boutique AFP, Microsoft, ou autre. Finalement, Internet tient dans notre poche et nous suit partout. L'information, personnalisable, est accessible en tout temps, en tout lieu.
Toute ressemblance avec des évènements réels ne saurait être que le fruit du hasard... Bienvenue en 2011!
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