Le très imposant site de microblogging vient d'annoncer l'arrivée de son propre système de raccourcissement, «T.co», d'ici la fin de l'année. Ceci permettra à Twitter d'enregistrer et d'analyser chaque lien intégré dans un tweet, afin de mieux cerner les habitudes virtuelles de ses membres.
Tout en étant plus sécuritaire côté virus, le système de raccourcissement de Twitter est susceptible d'inquiéter les internautes soucieux de la confidentialité de leurs données et du respect de leur vie privée sur la Toile. Le but de Twitter est de suivre chacun de ses membres, individuellement.
Après l'implantation du système de Twitter, chaque lien sur lequel l'usager aura cliqué transitera d'abord par le service du réseau social. Ceci lui permettra de s'assurer, avant que l'usager ne charge une page Web, que le site vers lequel le lien pointe est bien sécuritaire.
En saisissant et en analysant chaque lien, l'objectif à long terme de Twitter est aussi de recommander des contenus ajustés aux intérêts des internautes. Tous les liens seront soumis au service de raccourcissement d'URL T.co, même si l'usager utilise des applications tierces pour tweeter.
Reste à voir si Twitter permettra aux usagers d'utiliser une alternative à T.co s'ils ne veulent pas être répertoriés par ce service. De plus, le réseau social devra peut-être penser à des solutions de rechange au cas où son service de raccourcissement flancherait.
En effet, si tous les tweets doivent absolument transiter par T.co et que ce dernier ne marche plus, Twitter sera paralysé (en plus du fait que le site soit souvent surchargé).
Un autre sujet d'inquiétude est que si le centre de données de Twitter se fait attaquer par des pirates malintentionnés, ces derniers pourront savoir quel internaute a cliqué sur quel lien.
Les données répertoriées par Twitter seront conservées très longtemps et des internautes pourraient être gênés de certains comportements virtuels ou certains tweets dans quelques années. Twitter pourrait considérer mettre en place un système effaçant les données après un certain temps, par exemple.
Twitter ne sera pas le seul site à saisir les liens sur lesquels les usagers cliquent, Yahoo! le fait déjà via rds.yahoo.com. De plus, Facebook et le moteur de recherche Bing de Microsoft utilisent le JavaScript pour enregistrer les liens cliqués, par l'intermédiaire de la fonction OnMouseDown, rapporte Cnet.
par Aude Boivin Filion