Les avocats du cabinet Merchant Law Group de Montréal ont demandé la permission d'intenter un recours collectif contre Facebook au Québec, en raison de la polémique entourant la protection des informations personnelles des usagers.
En décembre 2009, Facebook avait apporté plusieurs changements au détriment de la protection des données personnelles des usagers, ce qui porte atteinte à leur vie privée, jugent les avocats. À la suite de ces modifications, un grand nombre d'informations personnelles sont devenues publiques par défaut sur la Toile, à l'insu des membres de Facebook.
«La façon de procéder a rendu la tâche très difficile à l'usager quant à savoir ce qui était privé, semi-privé ou ouvert à tous. Pouvoir changer son statut pour le rendre privé ou non privé était aussi très difficile à faire», explique l'un des avocats représentant Patrice St-Arnaud, le requérant.
Si la cour donne son aval à la demande de recours collectif de Tony Merchand, le cabinet d'avocat pourrait affronter Facebook en cours lors d'un procès. D'après l'un des avocats, Me Owen Falquero, plusieurs Québécois sont susceptibles d'embarquer dans le recours collectif contre Facebook.
Le cabinet d'avocats auquel appartient Me Falquero intente un procès similaire contre Facebook, au Manitoba. D'ailleurs, l'avocat pense même être en mesure de demander à ce que les plaignants soient indemnisés. D'après le cabinet, les membres lésés doivent être dédommagés avec les profits cumulés grâce à l'affichage public de leurs données sur le Web.
Cependant, l'objectif premier de Me Falquero est d'exiger que Facebook sécurise plus efficacement les informations personnelles (orientation politique, sexuelle, etc.) des membres.
Me Falquero indique qu'un recours collectif contre Facebook se dessine aussi aux États-Unis depuis février 2010. De son côté, l'Allemagne accuse Facebook de conserver des données sur des internautes qui ne sont même pas membres du réseau social.
par Aude Boivin Filion