L'Institut de sécurité de l'information du Québec (ISIQ), une plateforme publique-privée servant à partager des connaissances sur la sécurité de l'information et la protection des données personnelles, annonce aujourd'hui qu'il fermera ses portes vendredi prochain.
Des difficultés financières expliqueraient la fermeture de l'organisme, rapportent Yves Sanssouci, président du Conseil d'administration et Christian Martin, président-directeur général de l'ISIQ. «Face à l'impossibilité de mettre en place des conditions financières acceptables pour la poursuite de son mandat, la cessation des activités de l'ISIQ est devenue la seule solution».
«Nous regrettons beaucoup de devoir nous résoudre à une telle décision, compte tenu du temps et des ressources investis dans cet outil original et pertinent pour le développement d'une culture de la sécurité de l'information au Québec», déclare M. Sanssouci.
Dans une entrevue accordée à BRANCHEZ-VOUS!, M. Martin ajoute pour sa part que «le Québec n'a pas les moyens de perdre l'ISIQ, en raison de la croissance du nombre de campagnes de pourriels et de menaces informatiques sur Internet affectant tant les entreprises que les particuliers».
Depuis le début de ses activités, «l'ISIQ a contribué à l'amélioration de la sécurité de l'information et de la protection des renseignements personnels au bénéfice des entreprises, des particuliers, du développement des affaires électroniques et du gouvernement en ligne au Québec», rappelle l'organisme par le biais de son communiqué.
L'ISIQ est notamment à l'origine de la campagne de sensibilisation «Je protège mon identité sur le Web», lancée en novembre 2009. L'organisme à but non lucratif a ainsi pu sensibiliser les internautes canadiens au vol d'identité sur le Web, leur fournir des outils de sécurité informatique et un code de conduite pour naviguer en toute sécurité sur la Toile.
Le CRIM (Centre de recherche informatique de Montréal) est à l'origine de la création de l'ISIQ il y a cinq ans, mais ce dernier s'est accordé le titre d'organisme neutre et autonome depuis juin 2009. M. Martin a révélé à BRANCHEZ-VOUS! qu'un organisme indépendant a plus de chance d'obtenir des subventions, mais force est de constater que cette transition n'a pas aidé l'ISIQ.
Accusant de multiples refus d'aide financière, M. Martin indique que les différents ministères n'ont pas prévu de budgets pour soutenir les programmes de protection et de sécurité informatiques offerts par l'ISIQ.
Pourtant, le PDG de l'organisme affirme à BRANCHEZ-VOUS! que 2 ou 3 millions de dollars par année suffiraient à assurer la survie de l'ISIQ et à engager des experts pour faire de la veille, des formations, des ateliers et pour contrer les attaques malicieuses.
Le manque de financement des ministères contredit la philosophie de la gestion de risque: «Mieux vaut prévenir que guérir», souligne M. Martin.
L'ISIQ dit qu'il considèrera toutes les propositions d'aide financière venant du gouvernement ou de grandes entreprises, d'ici sa fermeture prévue pour vendredi prochain. Après le 4 juin, certains projets seront simplement abandonnés, tandis que d'autres seront terminés bénévolement par les employés de l'ISIQ.
par Aude Boivin Filion
Je trouve triste de voir une telle organisation fermer ses portes.
Par contre, je trouve autrement plus triste de voir que l'organisme ferme ses portes par manque d'un budget de 2-3 millions de dollars. À 3 millions, ça fait 500 000 $ par membre de l'équipe. À moins que chaque membre mentionné ait 7-8 employés sous eux, ça fait déjà pas de sens. si c'est le cas, ça donne un organisme de 45 employés. Là encore, pas trop de sens. Autrement, il y a du luxe en trop quelquepart.
Bon, il y a les campagnes de sensibilisation et le reste, genre de programme qu'il est plutôt facile de trouver des commandites, surtout dans un domaine qui fait peur au gens comme ça. Il me semble. Plus que de dire, donné nous 2-3 millions par année et on va voir ce qu'on fera avec après.
Y'aurait-il pas moyen de garder ouvert l'Institut pour 500-800K $ ? Fermer un des 2 bureaux, prends un local moins luxueux, garder les services les plus utiles, profiter du Web2.0 et des communautés d'intérêt en ligne, etc. Et de vendre des commandites, espaces publicitaires et autres lors des campagnes et autres activités à grande visibilité.
Je lance le débat...