Le brevet accordé vendredi dernier par l'United States Patent and Trademark Office concerne la façon dont s'affiche le flux des actualités sur la page d'accueil des utilisateurs de Facebook. Si les réseaux sociaux concurrents ont de quoi s'inquiéter, Facebook demeure avare en détail sur la portée légale de ce brevet.
Le problème avec le brevet de Facebook est sa définition, à la fois vague et très englobante, susceptible d'interférer légalement avec le fonctionnement actuel de réseaux tels que Twitter, Google Buzz ou MySpace, dont la vocation même est de publier les actualités de leurs abonnés.
En effet, le brevet "Dynamically providing a news feed about a user of a social network" obtenu par Facebook protège une «méthode pour afficher des actualités dans un environnement de réseau social». Plus précisément, cela touche:
- la surveillance de nombreuses activités dans un environnement de réseau social,
- le stockage de ces activités dans une base de données,
- la création d'actualités à travers ces activités,
- le rattachement d'au moins une de ces activités à un autre utilisateur,
- la limitation de l'accès aux différentes actualités à un ensemble préderminé d'utilisateurs.
En brandissant son nouveau brevet, Facebook pourrait exiger des autres réseaux sociaux qu'ils cessent d'avoir recours à sa technologie pour publier le flux actualités de leurs membres. D'un autre côté, Facebook pourrait demander des redevances à ses concurrents, s'ils veulent obtenir une licence d'utilisation de sa technologie brevetée. Dans ce contexte, Facebook utilise la loi comme un bouclier pour se protéger de la concurrence.
Bien que Facebook vienne de se faire accorder le brevet concernant l'affichage de son «News Feed», il ne s'agit pourtant pas d'une nouvelle fonctionnalité. Introduite en 2006, elle a représenté une petite révolution dans la façon dont les centaines de millions de membres de Facebook consomment et accèdent à l'information sur leurs contects, grâce à leur regroupement en un seul fil sur le site.
Toujours est-il que Facebook avait déposé son brevet il y a quatre ans, en 2006, bien avant que les réseaux sociaux deviennent aussi populaires qu'ils le sont aujourd'hui.
par Aude Boivin Filion