Une récente étude publiée sur le journal en ligne Psychological Science indique que les internautes amateurs de réseaux sociaux y afficheraient leur véritable personnalité, contrairement à la croyance populaire voulant qu'ils y présentent un profil «idéalisé».
«Nous n'avons trouvé aucune évidence d'une auto-idéalisation», affirment les sept psychologues qui ont signé l'étude. Les réseaux sociaux ne semblent donc pas servir de tremplin à la promotion d'une identité virtuelle magnifiée.
Au contraire, ces sites serviraient plutôt à exprimer et à communiquer la véritable identité des usagers des réseaux ce qui, d'après les experts, expliquerait en partie la popularité spectaculaire des réseaux sociaux. Dans le monde, plus de 700 millions d'internautes sont inscrits à au moins l'un des très nombreux sites de réseautage.
Plusieurs facteurs expliqueraient la difficulté de créer une identité idéalisée:
- Les profils retrouvés sur les réseaux sociaux intègrent des informations relatives à la réputation de l'internaute, qui sont difficiles à contrôler (le mur de son compte Facebook, par exemple);
- les contacts ne se privent pas de fournir des précisions ou des ajustements sur les profils de leurs amis.
Bien que cette étude soit très intéressante, elle comporte néanmoins une faiblesse: elle ne considère qu'une seule tranche d'âge, les 17-22 ans. Ces jeunes ont grandi avec une souris et un clavier dans les mains, ils sont donc probablement moins intimidés ou gênés de se révéler ouvertement sur la Toile. Les internautes plus âgés pourraient avoir plus de retenue à se dévoiler sur les réseaux sociaux.
Pour mener à bien leur recherche, les psychologues ont considéré les profils de 236 internautes américains et allemands, sur les réseaux les plus populaires de leur pays respectif: Facebook, StudiVZ et SchuelerVZ. Au moyen de différents tests de personnalité, les spécialistes ont par la suite dissocié la véritable personnalité des étudiants de son pendant idéalisé.
Insolite
Les spécialistes indiquent avoir attiré les participants américains sur une université du Texas avec des bonbons et des brochures d'information. Ils ont été récompensés avec de l'argent et des crédits de cours.
Les Allemands ont plutôt été conviés à participer à l'étude par une publicité en ligne, qui indiquait la recherche de candidats pour passer un test de personnalité. Ils ont été dédommagés pour leur temps en se faisant promettre l'envoi de leurs résultats.
Une étude expliquant cette différence de stratégie serait sans doute fort intéressante!
par Aude Boivin Filion