La réaction du Canada à la supercherie écologique des Yes Men démontre à quel point Ottawa n'a pas apprécié être leur victime durant la tenue du sommet sur le climat de Copenhague. D'après les Yes Men, un conseiller en propriété intellectuelle d'Environnement Canada aurait demandé à l'hébergeur Serverloft de couper l'accès aux deux sites parodiques des militants.
Preuve de la communication entre les deux parties en main, les Yes Men affirment que le conseiller en propriété intellectuelle, Mike Ladreville, aurait exigé que l'allemand Serverloft ferme les sites ec-gc.ca et enviro-canada.ca «pour éviter toute confusion chez le public». Ces deux sites imitaient l'allure du site officiel du sommet de Copenhague et les Yes Men y avaient diffusé de faux objectifs canadiens en matière de lutte contre l'émission de gaz à effet de serre.
Or, Serverloft ne se serait pas limité à la «destruction» des deux sites des Yes Men s'attaquant à la politique environnementale du gouvernement Harper.
Un groupe d'adresses plus étendu a été affecté, menant à la suspension de l'accès à 4 500 sites Web. Selon les Yes Men, ces sites «n'auraient rien à voir avec les deux sites parodiques ou encore ceux qui les ont créés».
Abasourdis par ce contrecoup, les Yes Men ont répliqué que la réaction d'Ottawa brime la liberté d'expression et que le gouvernement a «réagi de façon excessive». «Personne ne peut croire qu'un État démocratique réagisse de cette façon», poursuivent-ils.
Lors du sommet de Copenhague il y a deux semaines, les Yes Men avaient méticuleusement élaboré un canular sur le Web. Le groupe de militants avait affirmé que le gouvernement Harper avait modifié radicalement les objectifs de sa politique environnementale en faveur d'une lutte beaucoup plus efficace contre les changements climatiques.
Néanmoins, le Canada s'est démarqué en récoltant le prix Fossile de l'année à Copenhague. Ce prix a été décerné par des organisations non gouvernementales qui jugent que la politique canadienne est inacceptable en ce qui concerne sa position sur les changements climatiques.
par Aude Boivin Filion
Si c'était la chine, tout le monde hurlerait sur un toît.
Confirmation flamboyante. Y a pas que les chinois qui cultivent la cyber-censure. Notre "terre de liberté" le fait aussi quand cela l'arrange.
Paul Laurendeau
http://www.blogueparade.com/detail/blogue-2942.html