Les conservateurs ont démontré leur intention de s'attaquer sérieusement au problème de la pornographie juvénile sur le Web au Canada, en déposant cette semaine un projet de loi visant à obliger les fournisseurs d'accès Internet (FAI) à rapporter les contenus illicites virtuels à la police.
Si la loi est acceptée, les FAI qui suspectent certains sites Web d'héberger du contenu relatif à la pornographie juvénile devront les dénoncer aux autorités policières, ainsi que leurs utilisateurs.
De plus, les FAI devront aussi alerter la police s'ils croient qu'un abus ou une offense à caractère sexuel a été commis contre un enfant, par l'intermédiaire de leur service Internet. Une plateforme spécifiquement dédiée servira à répertorier les preuves ou les indices accumulées par les FAI et elle sera consultée par les autorités. Le projet de loi du gouvernement Harper fera l'objet d'une discussion demain et devrait être adopté à l'unanimité.
Une telle législation existe déjà aux États-Unis, rapporte le quotidien The Globe and Mail, ce qui incite les avocats canadiens protégeant les droits des enfants à exiger un encadrement législatif généralisée au pays. En effet, des dispositifs d'alertes du genre existent déjà au Manitoba, en Ontario et en Nouvelle-Écosse, rapporte The Vancouver Sun.
Ce projet de loi donne suite à une étude menée par Cyberaide.ca (Winnipeg) qui avait été présentée la semaine dernière et qui démontrait les piètres résultats du Canada en matière de lutte contre la pornographie juvénile sur le Web. L'étude, menée entre 2002 et mars 2009 et en partenariat avec Bell, établie même que le Canada serait un «havre» pour les sites de vente de pornographie juvénile.
À un niveau mondial, notre pays occupe:
- le 2e rang en tant qu'hébergeur d'images d'abus sexuels contre des enfants;
- le 2e rang comme pays revendeur de matériel sur des sites d'hébergement d'images d'abus sexuels contre des enfants;
- le 3e rang pour l'hébergement de sites de pornographie juvénile;
Cependant, le problème de la pornographie juvénile virtuelle aux États-Unis est beaucoup plus sérieux et étendu. Par comparaison, l'étude démontre que les serveurs informatiques hébergés aux États-Unis abritent 65 % des sites qui vendent de la pornographie juvénile, tandis que ce pourcentage baisse à 8 % pour les serveurs canadiens.
(Sources: Centre canadien de la protection de l'enfance et The Vancouver Sun)
par Aude Boivin Filion
Autant pour la pornographie juvénile réelle je suis tout à fait d'accord, je crains que cette loi ne permette des abus sérieux.
Parce que la définition légale de pornographie juvénile est beaucoup trop large. Cette loi englobe une multitude de manga et d'animes qui n'ont rien de pornographiques. (Je ne parle pas des dessin pornographiques représentant des enfants, ça c'est autre chose c'est illégal dans presque tous les pays sauf le Japon)
Des manga et animes traduit en français, qui ont passé à TV en étant seulement 13 ans et plus en France, ici ça peut mener en prison, parce que les personnages on 16-17 ans et on voit occasionnellement des baisés ou quelques caresses, ou à l'occasion un peu de nudité mais dans des circonstance non-sexuelles (bain publics par exemple).
Ce que je crains c'est que cette loi va encore servir de prétexte pour taper sur les amateurs d'animation japonaise. Les FAI pourront faire fermer les sites de fansub, bloquer la diffusion sur des sites de streaming comme WAT qui diffuse sous-licence beaucoup d'animes en VF, et en plus qu'ils dénoncent les utilisateurs.
Je suis un peu d'accord...
En autant il me semble que les hentai (à l'origine les mangas pornographiques mais, par extension, n'importe quel dessin à caractère pornographique) n'entrent pas dans la ligne de mire de ces lois dans de nombreux pays. Donc un anime japonais contenant un peu de nudité par-ci, par-là (avec des personnages adolescents de 13, 14 ou 16 ans peu importe) ne pourra sans doute pas être considéré comme de la pornographie juvénile - enfin, je l'espère bien.
Cela dit, je pensais que ce genre de loi existait déjà ici. Je suis étonné de voir que le Canada est à ce point un bon repère de la pornographie pour pédophiles...
Enfin, c'est toujours mieux que pas de lois du tout.