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mardi 26 mai 2009 à 14H34

Cybercriminalité en France: un mouchard sur les ordinateurs suspects?


cybercrime.JPGUn nouveau projet de loi français visant à faciliter le travail des enquêteurs et policiers en cybercriminalité sera présenté en Conseil des ministres ce mercredi.

S'il prend vie, le projet de loi sur la sécurité intérieure (LOPPSI) permettra aux forces de l'ordre de capter les données informatiques des ordinateurs suspects en direct, à distance, en y installant des mouchards.

Le Point explique que sous réserve d'une autorisation de la part d'un juge d'instruction, les policiers et enquêteurs pourraient alors mettre en place un dispositif technique permettant «une captation à distance, à toute heure, en n'importe quel lieu, et à l'insu du détenteur du matériel, d'éléments informatiques (...) quel qu'en soit le support ou le vecteur».

Toujours selon Le Point, ce qu'on pourrait définir comme étant une «cyberversion» du concept d'écoute électronique serait qualifié de «révolution» par les policiers et gendarmes. Ces derniers avouent d'ailleurs que leur travail serait facilité.

Cela dit, de multiples conditions devront être respectées pour que ce capteur puisse être installé. PCInpact souligne par exemple que seules les infractions considérées les plus graves (terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d'armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l'entrée et séjour d'un étranger) et commises en bande organisée pourront justifier la mise en place des dispositifs.

Les critiques contre le projet de loi qui sera déposé demain par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, se font déjà entendre. Le site Numerama a créé une page spéciale LOPPSI, qui regroupe articles, twits et forums de discussion.

Son rédacteur en chef Guillaume Champeau, a exposé ses critiques à 20minutes.fr: «la liste des sites à filtrer sera établie sous la seule autorité du ministère de l'Intérieur et ne sera pas rendue publique. Il y a un vrai danger, on ne sait pas du tout comment un gouvernement pourra utiliser cette mesure: c'est la porte ouverte à la censure».

(Sources: Le Point, 20minutes.fr et PCInpact)


par Karine Charbonneau


VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 4 commentaires


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    dieu a dit le 26 mai 2009 Signaler ce commentaire

    Révolter vous vous allez être espionné a temps plein.
    mais en rien de temps il y aura d'autre moyen de le désactiver sans être repéré.

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    Rosaire Charbonneau a dit le 26 mai 2009 Signaler ce commentaire

    Big Brother développe des moyens de surveillance. C'est toujours comme ça, en espionnant les gens et en contrôlant écoles et sources d'information, que les dictateurs assoient leur pouvoir.

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    PInte Jean-Paul a dit le 27 mai 2009 Signaler ce commentaire

    Des « mouchards » dans les ordinateurs
    mercredi 27.05.2009, 04:48 - La Voix du Nord
    S'adapter aux nouvelles formes de délinquance, c'est évidemment « tenir compte de la cybercriminalité », dit Mme Alliot-Marie.

    Au premier rang des « nouveaux actes de délinquance commis grâce à Internet », elle a placé hier la pédopornographie : « La LOPPSI autorisera le blocage d'accès aux sites pédopornographiques. C'est nous qui signalerons aux fournisseurs d'accès les sites à interdire, et c'est eux qui les interdiront l'accès, depuis un ordinateur, en France. » Et puis, Internet est devenu un moyen de communiquer de la délinquance organisée. Il convient donc de s'attaquer à cette communication, « de la même manière qu'on le fait avec les écoutes téléphoniques », dit la ministre.
    Concrètement il s'agit de placer sur l'ordinateur d'un suspect un dispositif qui permet de capter le contenu de ses échanges et de ce qu'il consulte.

    L'exemple du cas Fofana
    Et Mme Alliot-Marie cite l'exemple de Youssouf Fofana, qui donnait des rendez-vous par mails, depuis un cybercafé : « Jusqu'ici, nous avions la possibilité de savoir qu'il écrivait, mais pas de connaître le contenu de son message. » Avec la LOPPSI, cela devient possible. Mme Alliot-Marie parle d'une clé USB à poser sur l'ordinateur, mais les spécialistes s'étranglent.
    Comme Jean-Paul Pinte, maître de conférence à l'Université Catholique de Lille et spécialiste lillois de la cybercriminalité, qui appelle ces dispositifs des « mouchards légaux, véritables chevaux de Troie », posés à distance sur les ordinateurs des suspects dans les affaires les plus graves.
    Ils permettraient une lecture en temps réel, mais la ministre l'affirme : « La Commission nationale informatique et des libertés (CNIL) a été consultée : tout est OK ! » Les débats risquent, malgré tout, d'être chauds à l'Assemblée nationale. • E. D.

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    JeanPhir (de France) a dit le 27 mai 2009 Signaler ce commentaire

    Pas très clair cette histoire de "clé USB posée à distance"... J'ai moi-même quelquefois du mal à la poser directement :-)). Et jamais à l'enlever :-)). C'est vraiment farfelu...
    Bon, apparemment ils ne savent toujours pas qu'un cybercriminel sait très bien ce qu'il fait et donc n'aura qu'à utiliser son ordinateur portable depuis une voiture, se brancher sur l'accès wi-fi d'un particulier, casser le code d'accès en quelques minutes puis se brancher sur un réseau crypté dont le serveur, lui, ira sur n'importe quel autre serveur, ni vu ni connu... Comme d'habitude, ce gouvernement propose (et fait voter) des recettes qui ne peuvent pas fonctionner mais laisse croire qu'il agit...
    Dire que Sarko 1er dispose d'une centaine de conseillers à l'Élysée : il ferait mieux d'en avoir moins mais mieux choisis :-).


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