Le 24 janvier 1984, Apple lançait le premier ordinateur proposant une interface graphique contrôlée par une souris. On connaît la suite.
Tout commence en 1979, lorsque Jef Raskin, un employé d'Apple, a un éclair de génie: il souhaite construire un ordinateur qui soit accessible à tous. Il nommera le projet d'après sa pomme préférée, la McIntosh, avant de le renommer en Macintosh, question d'éviter la confusion avec le nom de McIntosh, un fabricant d'équipement électronique.
Rapidement, une petite équipe se forme et développe le premier prototype, un ordinateur muni de 64 kilo-octets de mémoire vive, propulsé par un processeur Motorola 6809E à 5 mégahertz. Quelques mois plus tard, on modifie les spécifications de l'ordinateur afin qu'il puisse rouler les applications de Lisa, un autre ordinateur fabriqué par Apple: il est désormais propulsé par un processeur Motorola 68000 cadencé à 8 mégahertz. La résolution d'affichage passe alors de 256x256 pixels à 384x256 pixels.
C'est alors que Steve Jobs, cofondateur d'Apple, s'intéresse au produit. Il quitte donc l'équipe de Lisa et se joint à l'équipe dirigée par Raskin. En 1981, suite à une querelle avec Jobs, l'initiateur du projet se retire.
En 1984, on annonce le lancement du Macintosh 128k. Durant le Superbowl de 1984, Apple diffuse une publicité intitulée 1984, désormais célèbre.
À peine lancé, l'ordinateur, livré avec MacWrite et MacPaint, est critiqué pour le manque de logiciels qui peuvent y être utilisés: étant donné le changement radical des programmes en ligne de commande à l'interface graphique, les développeurs doivent réécrire leurs applications.
Vers 1985, les premiers logiciels de design assisté par ordinateur conçus pour le Macintosh font leur apparition. On associe rapidement l'ordinateur à ces logiciels. Après une querelle avec l'équipe de direction, Steve Jobs quitte Apple.
En janvier 1986, le Macintosh Plus voit le jour. L'ordinateur propose un méga-octet de mémoire vive et sept ports SCSI qui permettent le branchement d'une panoplie de périphériques. L'ordinateur a été commercialisé pendant près de 5 ans.
Puis le Mac SE est lancé en 1987. Au même moment, la division de développement de logiciels d'Apple devient Claris. La firme lancera plusieurs logiciels à succès, dont FileMaker Pro, avant d'être réintégrée à Apple en 1998.
En mai 1990, Microsoft lance Windows 3.0, un système d'exploitation beaucoup plus abordable que celui développé par Apple. C'est ainsi que naît le Macintosh Classic, vendu pour environ 1000$. System 7 est ensuite lancé, apportant un lot d'améliorations, dont une meilleure gestion des couleurs et l'introduction de la notion de mémoire virtuelle.
En 1991, le Macintosh Portable est remplacé par le Powerbook, muni d'un processeur Motorola 68030 cadencé à 16 mégahertz. Il s'agit du premier ordinateur muni d'un dispositif de pointage intégré.
En 1994, les processeurs Motorola des Macintosh sont remplacés par les processeurs PowerPC.
Puis Windows 95 apporte un vent nouveau. Ses caractéristiques similaires à System 7 combinées au faible coût des PC en font un succès immédiat. En riposte, Apple permet à plusieurs fabricants de matériel d'installer System 7 sur leurs ordinateurs. Macintosh gagne en popularité, mais accuse des pertes financières. Steve Jobs revient aux commandes et ordonne la fin de l'entente, faisant naître System 8.
1998 voit naître l'iMac, un ordinateur tout-en-un des plus colorés. Deux ports USB remplacent les connecteurs propriétaires qu'on retrouvait sur les Macintosh précédents, mais aucun lecteur de disquettes: on utilise désormais le CD comme stockage amovible.
En mars 2001, Apple annonce en grande la sortie de Mac OS X «Cheetah», dont le code a été réécrit à 100%. La version 10.0 est très critiquée, notamment pour sa faible rétrocompatibilité. Apple offrira d'ailleurs la mise à niveau vers 10.1 gratuitement.
En octobre 2001, le lecteur audionumérique d'Apple, l'iPod, fait son entrée sur le marché, après avoir passé moins d'un an dans les ateliers d'Apple. Avec son disque dur de 5 gigaoctets, le lecteur permet de stocker jusqu'à 1000 chansons.
En 2005, le Mac Mini atterrit sur les tablettes. Vendu 500$ américains, il s'agit du Macintosh le plus abordable qui soit.
En 2006, Apple cesse définitivement l'utilisation des processeurs PowerPC pour se concentrer sur les processeurs Intel. Les applications conçues pour être exécutées avec un processeur PowerPC peuvent être exécutées avec un processeur Intel à l'aide d'un émulateur, qui ralentit considérablement les programmes. Les applications Classic développées avant OS X ne sont toutefois plus disponibles. Il ne faut que quelques mois pour qu'un groupe de hackers parvienne à installer Windows XP sur un Mac Intel, puis distribue son logiciel sur l'Internet. Quelques semaines plus tard, Apple annonçait un nouveau produit, Bootcamp, qui permet d'installer Windows XP sur Mac Intel. Bootcamp sera inclus avec OS X à partir de la version 10.5.
En 2007, Apple annonce l'iPhone, après 30 mois de développement et des investissements de 150 millions de dollars américains. Aux États-Unis, le très attendu téléphone est vendu à près de 300 000 exemplaires pendant les trente heures qui suivent sa mise en vente. Le téléphone sera disponible au Canada en juillet 2008. Vendu par Rogers et Fido, il s'attire la critique de nombreux consommateurs insatisfaits par les forfaits offerts.
À compter de janvier 2009, Steve Jobs donne raison aux rumeurs et annonce un congé de maladie de 6 mois. Opéré en 2004 pour un cancer du pancréas, le PDG d'Apple est cette fois confronté à des problèmes hormonaux.
Après un certain succès dans les années 80, une descente dans les années 90 et une remontée extraordinaire dans les années 2000, les ventes d'Apple sont en constante augmentation depuis 2001.
par Gabriel Rodrigue