Atlantic Records est désormais la première étiquette de disque en importance à tirer ses revenus principalement de la musique numérique (iTunes, sonneries musicales) plutôt que des CD.
Les ventes numériques comptent en effet pour 51% des revenus d'Atlantic, une étiquette qui regroupe notamment des artistes comme Led Zeppelin, AC/DC et James Blunt. Si Atlantic a franchi le cap des 50%, l'industrie en général n'est pas encore rendue à ce niveau. La compagnie mère d'Atlantic, Warner Music Group, par exemple, n'a tiré que 27% de ses revenus des ventes numériques ce dernier trimestre.
Même si les ventes numériques augmentent, il faut toutefois dire qu'en général, elles ne compensent pas totalement la baisse des ventes de CD, puisque les ventes générales de musique diminuent.
Selon les analystes de Forrester Research, les ventes de musique cette année aux États-Unis représentent 10,1 milliards de $ et devraient en représenter 9,2 milliards en 2013, bien en deçà des 14,6 milliards de 1999 (selon la Recording Industry Association of America).
Même si les ventes de CD déclinent fortement dans l'industrie, Atlantic assure toutefois que dans son cas, ses ventes n'ont pas diminué tant que ça et que c'est vraiment la hausse des ventes de musique numérique qui leur a assuré ce 51%.
par Maxime Johnson
Il est normal que les ventes numérique ne compense pas pour les ventes de CD, personellement quand j'achette un CD, il y à probablement seulement le 1/2 des pieces que j'aime vraiment. Il est maintenans possible d'acheter seulement les morceaux qu'on aime au lieu d'acheter un album complet.
Si on considère le fait que sur un CD on ne retrouve que une ou deux pièces vraiment intéressantes, le fait de ne vendre que ces deux pièces au lieu de l'album complet sera susceptible de pousser les producteurs à inclure davantage de qualité sur leurs productions, quitte à ce que les artistes sortent moins d'albums mais que ceux-ci soient plus intéressants au lieu de ces productions à la chaîne qui sont la plupart du temps composées de 80% de merde versus 20% de contenu de qualité.
@Etienne et Marc
Vous avez tous deux raison. C'est juste que le modèle d'affaires de l'industrie de la musique s'est complètement effondré. Probablement parce qu'ils n'ont pas su s'adapter à la nouvelle réalité.
Savez-vous à quoi tout cela me fait penser ? À l'industrie de l'automobile américaine. Lorsque les japonais sont arrivés, les fabricants ont réclamé des quotas au lieu d'accepter la réalité et d'améliorer leurs produits, ou du moins offrir aux gens ce que ces derniers voulaient. Ils ne l'ont pas fait, préférant blâmer la concurrence. Regardez où ils sont présentement. Ces mesures protectionnistes leur ont fait perdre tellement de terrain, notamment au niveau de la technologie, qu'ils sont au bord du gouffre, et c'est entièrement de leur faute. Alors qu'ils auraient pu améliorer leur produit et/ou leurs méthodes de production pour construire moins cher, ils ont préféré ne rien faire et blâmer le reste de l'univers pour leurs problèmes.
La musique en est au même point. Au lieu de regarder la réalité en face et d'accepter que l'époque où ils pouvaient vendre des "singles" contenant 1 bonne chanson et 11 autres de remplissage à un prix de fou est terminée, ils préfèrent se mettre la tête dans le sable et blâmer l'ensemble de l'univers pour leurs problèmes dont ils sont les seuls responsables. Ils n'ont qu'à s'adapter ou disparaître. C'est la loi de l'évolution, et ils sont une espèce mal adaptée. Toutes les mesures protectionnistes (DRM, lois anti "piratage" souvent débiles et inapplicables) sont autant de clous dans le cercueil des majors de la musique. L'époque où la musique était la seule distraction est terminée. Maintenant, les jeux vidéo, Internet, le cinéma maison et autres distractions réclament légitimement une bonne part de la tarte des dépenses de distraction. Les vrais artistes pourront peut-être se débarrasser de ces intermédiaires coûteux dont le rôle (produire les disques) ne sert plus à rien de nos jours.
Souvent, justement, sur un album, ce ne sont pas les pièces qui se vendent le plus (les plus populaires) qui sont musicalement les plus intéressantes. Le modèle développé par iTunes est en train de tuer la créativité au lieu de la supporter justement. S'il se vend moins de musique, c'est justement parce la créativité musicale est en train de péricliter en ce moment. Et quand la créativité baisse, musicalement, les pièces musicales disponibles sont en général moins intéressantes. Et la baisse des ventes s'ensuit. Le modèle développé par le cirque du soleil prouve justement ce que j'essaie de démontrer: leur seule restriction, c'est que ce qu'ils montent sur scène soit guidé exclusivement par la créativité. Et ça fonctionne! Le public est au rendez-vous. L'univers musical guidé exclusivement par le volume des ventes ne peut qu'arriver à un cul-de-sac éventuellement. Les artistes, les véritables artistes j'entends, sauront et voudront toujours créer des oeuvres en dehors des normes. Car un artiste véritable est une créature hors-normes en partant. Et ça, je ne suis pas certain que le modèle de iTunes permette la distribution de ce qui est hors-normes. L'ancien modèle (par album) permettait justement aux artistes de pouvoir explorer, prendre des chances, faire des choses différentes et surprendre le public.