Pâque juive
La principale solennité d'Israël commençait en avril au soir du 14 nisan (dernier jour avant la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps) et se prolongeait durant sept jours, la semaine des Azymes(1). L'antique fête nomade du printemps (les bergers offraient les prémices du troupeau) avait été transformée en commémoration de l'événement fondateur du peuple : Yahweh faisant sortir les Hébreux d'Égypte à travers la mer des Roseaux (2). Tout juif devait, en principe, aller en pèlerinage à Jérusalem célébrer la fête par excellence de la Pâque, ce qu'a fait Jésus.
Selon le rituel probablement en vigueur au temps de Jésus, le repas pascal était préparé à la fin de l'après-midi du 14 nisan. On ne pouvait consommer du pain fermenté pendant les sept jours qui suivaient. Chaque famille devait immoler au temple un agneau (ou un chevreau) mâle d'un an, sans défaut. Son sang était soigneusement recueilli, puis avec une branche d'hysope, on en marquait les montants et le linteau de la porte de la maison. Ensuite l'agneau était rôti entier sans qu'on lui brisât aucun os (3). puis, en nombre suffisant, les convives se réunissaient de préférence dans la chambre haute, ornée de tapis pour la circonstance.
Le repas était inauguré par une coupe de vin sur laquelle le président prononçait deux bénédictions et qu'ensuite on faisait circuler autour de la table. Une bassine d'eau passait de main en main pour permettre aux participants de se purifier avant la manducation de la Pâque. Pendant que circulait une seconde coupe de vin, le président expliquait au plus jeune des convives la signification des différents rites.
L'agneau est celui qui a détourné des maisons des Hébreux l'Ange exterminateur, avant la sortie d'Égypte; le pain sans levain est celui que les Hébreux avaient emporté à la hâte, en fuyant d'Égypte, sans qu'il ait eu le temps de fermenter (4). Puis, après le chat du début du Hallel (5), le président du repas prenait les pains, les rompait et les distribuait aux convives. On mangeait l'agneau pascal avec des herbes amères et des morceaux de pain azyme trempés dans du harosèt (compote de figues et de raisins cuits dans du vin, qui symbolisait les briques fabriquées par les Hébreux pendant leur servitudes en Égypte). L'agneau pascal devait être mangé tout entier et ses restes brûlés avant le lever du jour.
On buvait alors la coupe de bénédiction, puis on entonnait la fin du Hallel (6). Une dernière coupe de vin clôturait le repas. On se séparait, mais sans quitter la maison dont il n'était pas permis de sortir pendant toute la nuit pascale.
(1) Ex 12, 15-20
(2) Ex 12,11-14.23; He 11,27
(3) Jn 19,33
(4) Ex 12,17-20
(5) Ps 113 - 114
(6) Ps 115 - 118 ; Mc 14,26 2.
Pâque chrétienne
Célèbre la résurrection de Jésus qui eut lieu au premier jour de la semaine après le 14 nisan, c'est-à-dire le dimanche (7). Elle est en outre commémoration de l'acte sacrificiel de Jésus et anticipation de la fête eschatologique (8). Paul identifie le Christ à la victime pascale de sainteté et de pureté des chrétiens (9).
Au Concile de Nicée (en 325) toutes les Églises se sont mises d'accord pour que la Pâques chrétienne soit célébrée le dimanche qui suit la pleine lune (14 Nisan) après l'équinoxe de printemps. La réforme du calendrier en Occident (surnommé « grégorien », du nom du Pape Grégoire XIII, en 1582) a introduit un décalage de plusieurs jours avec le calendrier oriental. Les Églises occidentales et orientales cherchent aujourd'hui un accord, afin de parvenir de nouveau à célébrer à une date commune le jour de la Résurrection du Seigneur.
(7) Lc 24,1; Ac 20,7; 1 Co 16,2; Ap 1,10
(8) 1 Co 11,26
(9) 1 Co 5, 6-8; cf Ap 5,6; 13,8
Références: Cathéchisme de l'Église Catholique # 1170,
Dictionnaire du Nouveau Testament par Xavier Léon-Dufour.
Et le printemps
Le nom anglais, «Easter» donnée à la fête de Pâques origine du nom «Eostre», dieu du printemps que les anciens Saxons vénéraient par un festin annuel en son honneur. Quand les Saxons se convertirent au christianisme, ce nom fut modifié et donné à la fête de Pâques.
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