Avez-vous vu la nouvelle constitution hongroise ? Si je voulais faire un jeu de mot ridicule, je dirais qu'en 2012 «Hongrois rêver». Mais elle est bien vraie. Et avec un peu d'imagination, elle ressemble au Canada qu'est en train de nous concocter Stephen Harper.
Depuis lundi, la constitution de l'ex-République de Hongrie, cet ancien pays du bloc de l'Est qui s'appelle désormais tout simplement Hongrie, commence par une référence religieuse sans équivoque qui doit faire pâlie d'envie certains conservateurs: «Dieu bénisse les Hongrois». God Bless Canada!
Selon ce qu'on peut lire dans cette jolie constitution moderne, le mandat des personnes nommées à des postes importants comme l'économie, la justice, la police et l'armée, passe de neuf à douze ans. De cette manière, comme pour le sénat et les juges de la cour suprême au Canada, un hypothétique gouvernement d'une couleur politique différente sera confronté à des institutions aux couleurs conservatrices.
Mais ce n'est pas ce qui est le plus effrayant.
Cette nouvelle constitution d'un pays dit civilisé déclare que les sans-abri sont désormais passibles de peines de prison, que le mariage ne peut avoir lieu qu'entre un homme et une femme, que l'embryon est un être humain dès le début de la grossesse et j'en passe. Ce retour en arrière ne vous rappelle rien?
Pour couronner le tout et, surtout, mettre la main sur les médias, le gouvernement de Viktor Orban a décidé de regrouper Radio, télévision et agence de presse dans une seule entité sous la supervision d'un de ses amis tout en retirant la fréquence de la seule radio d'opposition. Que veulent faire ici les conservateurs avec Radio-Canada?
Aujourd'hui, c'est la Hongrie. Demain...
par Pascal Henrard