La région de Montréal va disposer d'usines dévouées au traitement des matières organiques.
Comme cela a été annoncé ce lundi, les gouvernements du Canada et du Québec ainsi que les villes concernées de la région de Montréal investissent plus de 550 millions de dollars pour établir des usines de compostage, de biométhanisation et de prétraitement des matières organiques. Le projet vise aussi l'acquisition d'équipements de collecte.
La facture serait d'environ 215 millions de dollars à Montréal, de 120 millions de dollars à Laval, de 85 millions de dollars à Longueuil et de 130 millions de dollars dans la couronne sud.
À Montréal, le projet prévoit la construction de deux systèmes de traitement des déchets organiques par digestion anaérobie, de deux centres de compostage et d'un centre pilote de prétraitement des déchets organiques.
Des projets de construction de systèmes de traitement des déchets organiques vont aussi avoir lieu à Laval, à Longueuil et dans la Couronne sud de Montréal
Le tout vise à mettre en place des installations de digestion anaérobie (biométhanisation) et de compostage. Les procédés permettent notamment de traiter les résidus de table, les boues d'épuration des eaux usées et les résidus organiques ainsi que le gazon et les feuilles mortes pour en faire de l'énergie propre.
Selon la Ville de Montréal, les deux usines de biométhanisation vont «créer de l'énergie pour alimenter en chauffage ou en éclairage les bâtiments et les industries, pour servir de carburant vert pour les véhicules et autobus ou encore pour être injectée dans le réseau gazier (Gaz Métro)». Le compost généré pourra quant à lui «servir d'engrais pour des lieux publics municipaux, pour la fertilisation des terres agricoles et pour distribution gratuite aux citoyens».
Steven Blaney, député du Parti conservateur, a soutenu dans un communiqué que l'annonce d'aujourd'hui incarne «l'engagement de notre gouvernement à concilier les préoccupations environnementales et les impératifs économiques»
Coralie Deny, directrice adjointe du CRE-Montréal, a quant à elle soutenu qu'il s'agit d'une excellente nouvelle. «Enfin, les matières organiques ne prendront plus majoritairement le chemin de l'enfouissement. L'époque du gaspillage de ces ressources est en voie d'être révolue» déclare-t-elle.
Le CRE Montréal estime que les cinq usines de l'île vont permettre de détourner plus de 230 000 tonnes de matières organiques des sites d'enfouissement.
«Il revient à présent aux villes liées et arrondissements de l'agglomération de mettre en place rapidement un système de collecte de ces matières» a déclaré Coralie Deny. Cette dernière a ajouté que la Ville de Montréal «devra également s'assurer de trouver un système pour desservir les unités de neuf logements et plus qui représentent une proportion élevée des habitations sur l'île».
par Olivier Caron