Le scientifique au coeur du dossier du Climategate a soutenu que le traumatisme de toute cette histoire a été si fort qu'il a envisagé de mettre un terme à ses jours.
Phil Jones, directeur de la Climatic Research Unit à l'université of East Anglia qui a provisoirement quitté son poste, a fait cette confidence à l'édition dominicale du Times. N'ayant pas l'habitude de la gestion des scandales, il a affirmé avoir envisagé de se suicider à plusieurs reprises, mais a ajouté que c'est le support de sa famille et l'amour de sa petite-fille qui l'ont retenu de passer à l'acte.
Le scientifique soutient notamment qu'il n'a «pas été formé aux relations publiques, ni à la gestion de crise». Il ajoute que toute cette affaire a eu des répercussions sur sa santé, puisqu'il a perdu du poids et qu'il doit prendre des médicaments pour dormir. Il affirme aussi recevoir régulièrement des menaces de mort de partout dans le monde.
Lors de l'entrevue, il se défend aussi d'avoir manipulé des données climatiques.
Rappelons que l'automne dernier, des pirates informatiques ont pénétré les serveurs de l'unité de recherche climatique (CRU) de l'Université d'East Anglia en Grande-Bretagne, soit l'une des institutions ayant participé au fameux rapport du GIEC sur les changements climatiques. Ils ont ensuite publié sur un serveur russe des centaines de courriers électroniques et documents privés échangés lors des dernières années entre certains climatologues du CRU et des collègues du monde entier.
En fait, les «climato-sceptique» disaient démontrer avec certains de ces messages qu'il y a eu des fraudes et des tricheries perpétrées par les chercheurs en sciences du climat. Des climatologues impliqués dans le débat soutiennent pour leur part que cette documentation supposément originale ne prouve absolument rien et qu'il s'agit pour l'essentiel de correspondances personnelles prises hors de contexte et qui pourraient même avoir été modifiées par les pirates en question.
C'est essentiellement une expression sortie de son contexte et contenue dans un des milliers courriels en question qui a déchaîné les passions. Il s'agit en fait d'un message écrit en 1999 par le directeur du CRU Phil Jones où celui-ci explique à son correspondant qu'il a utilisé une «astuce» pour «masquer» une divergence relative à des données concernant l'épaisseur des cernes d'arbres et la température.
Le principal intéressé a reconnu avoir utilisé ce terme, mais soutient que le mot «astuce» dans ce cas précis doit être pris comme ayant été utilisé pour décrire «quelque chose d'intelligent à faire».
Une enquête est en cours relativement à toute cette affaire.
par Olivier Caron