mardi 6 juillet 2010 à 11H58

Pénurie de logements et récession: augmentation importante de l'itinérance à venir?


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L'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) indique mardi dans une note socio-économique que la pénurie actuelle de logements additionnée aux effets de la récession risque d'amplifier les problèmes en lien avec l'itinérance au Québec.

Même si l'augmentation de l'itinérance est souvent plus visible à Montréal, l'IRIS s'est penché sur régions particulièrement touchées par la crise du logement, soit la ville de Québec et l'Abitibi, pour démontrer que d'autres régions subiront des conséquences.

Selon le communiqué publié en journée, le taux d'inoccupation est inférieur à 1% depuis trois ans en Abitibi, ce qui est bien inférieur au seuil d'équilibre de 3%. Selon Eve-Lyne Couturier, une des auteurs de la note, la situation est due à «l'incapacité du secteur privé de l'habitation de s'adapter aux variations cycliques des industries de ressources dont est dépendante l'Abitibi».

«Personne ne veut construire des immeubles pour les voir se vider dans cinq ans quand l'industrie minière ou forestière connaîtra une contraction. En conséquence, le gouvernement doit pallier aux incapacités du marché et construire ou subventionner des logements sociaux ce qui permettra à la fois de régler la crise du logement actuelle, mais aussi de loger les personnes ayant perdu leurs emplois en période économique difficile» soutient-elle.

À Québec, où le taux d'inoccupation est le plus bas de toutes les régions urbaines du Canada selon l'IRIS, on constaterait les effets négatifs de la spéculation. Les prix y explosent, tant pour la location que l'achat d'un logement

«Les personnes à faibles revenus sont donc repoussées de plus en plus loin du centre-ville et des services. Dans des quartiers comme le Vieux-Québec et Saint-Jean-Baptiste, la spéculation a atteint de tels niveaux qu'ils seront bientôt réservés exclusivement aux ménages à revenus très élevés» souligne Eve-Lyne Couturier.

Guillaume Hébert, aussi auteur de la note, affirme que chaque crise économique du 20e siècle a été suivie d'une augmentation de l'itinérance.

«Comparée à la dernière crise qui a eu lieu au début des années 1990, celle que nous vivons présentement a affecté plus lourdement l'économie» estime-t-il. Il ajoute qu'elle survient dans un contexte où les ménages québécois ont moins de ressources pour se sortir d'une mauvaise situation financière, en raison de l'endettement et du fait qu'ils ont moins accès à l'assurance-emploi.

«Lorsque vous ajoutez à cette équation une double crise d'accessibilité et d'abordabilité qui perdure dans le marché locatif, vous voyez poindre à l'horizon une importante augmentation de l'itinérance dont les refuges constatent déjà les signes avant-coureurs» affirme Guillaume Hébert.

Tous les détails sont disponibles sur le site Internet de l'IRIS.


par Olivier Caron




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