Le député péquiste de Lac-Saint-Jean Alexandre Cloutier se dit inquiet de la «faible réaction» du gouvernement du Québec dans le dossier de l'abolition du questionnaire long lors du prochain recensement.
Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes estime en fait mardi que la ministre Christine St-Pierre s'est opposée au projet du fédéral avec trop peu de vigueur.
Selon lui, le gouvernement Charest «doit faire connaître aux Québécois les conséquences, pour le Québec, de cette mauvaise décision basée sur une idéologie rétrograde». Il estime entre autres que sans des données fiables, un État ne peut pas bien livrer ses services et bien planifier ses politiques.
«Les données recueillies par le biais du recensement permettent au gouvernement du Québec de bien définir ses politiques sociales et économiques. Si le gouvernement de Stephen Harper va de l'avant avec son projet, il y aura des conséquences pour le Québec et elles seront majeures» a-t-il indiqué dans un communiqué.
Le député Cloutier avance par ailleurs que le PQ est préoccupé par cette décision qui nuira à la bonne planification des affaires de l'État du Québec.
«On sait notamment que ces données permettent au ministère de l'Éducation de bien mesurer les prévisions de clientèles scolaires; permettent de mieux planifier l'offre de services de santé sur le territoire; contribuent à rédiger de bonnes études de marché, notamment pour les entreprises du gouvernement, et permettent aussi de suivre adéquatement l'état de la langue. Bref, ces données sont primordiales, mais le gouvernement Charest ne le réalise pas. Qui ne dit mot consent?» a ajouté Alexandre Cloutier.
Par ailleurs, d'autres organismes ont ajouté leurs voix dernièrement à celles qui dénoncent la décision d'Ottawa. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a notamment affirmé mardi que l'abolition du formulaire long va nuire considérablement à sa capacité de s'acquitter de ses responsabilités.
Mardi, lors de son témoignage devant le comité de l'Industrie, le ministre fédéral Tony Clement a maintenu la position du gouvernement Harper sur le recensement, mais a dit être prêt à considérer certaines options.
L'ex-statisticien en chef du Canada, Munir Sheikh, qui a démissionné la semaine dernière en réaction à la décision du gouvernement, a par ailleurs expliqué mardi devant le comité la raison de sa décision. Il a notamment dit avoir agi ainsi afin que les Canadiens sachent que Statistique Canada n'appuyait pas la décision d'Ottawa.
par Olivier Caron
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