Des membres de la Coop sur Généreux, un organisme coopératif du Plateau Mont-Royal, à Montréal, soutiennent avoir trouvé dans les ordures, la semaine dernière, une quantité impressionnante de nourriture tout à fait bonne à la consommation et qui aurait été abandonnée par une épicerie du quartier.
La Coop sur Généreux se décrit comme un "collectif de vie". Ses membres se nourrissent en partie de ce qui est récupéré dans les poubelles, tout en faisant profiter les plus pauvres de leurs initiatives. La pratique qui consiste à aller dans les poubelles afin de dénicher de la nourriture récupérable a pour nom «dumpster diving» et est expliquée sur le site Internet du groupe. La Coop sur Généreux bénéficie d'ailleurs de la collaboration de certains commerces afin d'éviter ce gaspillage alimentaire.
Selon Mariannick Mercure, l'une des responsables de cette coopérative rejointe par BRANCHEZ-VOUS.com, une quantité imposante de nourriture comestible a été abandonnée la semaine dernière par une épicerie du Plateau qui était alors en processus de déménagement. «On a l'impression qu'ils ont décidé de jeter la nourriture, car c'était plus rentable que de la déménager», a confié Mariannick Mercure à BRANCHEZ-VOUS.com lors d'un entretien.
Le tout aurait été découvert par deux membres de la coop qui étaient en train de faire du «dumpster diving». «Il y avait toutes sortes de fruits exotiques qui valent une fortune, du sirop d'érable, peut-être trois ou quatre caisses de choux, quatre ou cinq caisses de pamplemousses, des mandarines, au moins deux caisses de bananes encore vertes, une caisse complète d'avocats encore verts et fermes et trois caisses de patates», énumère Mariannick Mercure. Selon elle, la nourriture comestible abandonnée comprenait aussi divers produits emballés tels que des smoothies, des cafés congelés, des jus, des vinaigrettes et une caisse des sacs de sauce déshydratée - soit «au moins 500 livres» de produits selon la Coop.
Mariannick Mercure a publié des images de toutes ces denrées sur Facebook. Selon elle, le phénomène de l'abandon de nourriture comestible dans les déchets n'est pas inhabituel sur le Plateau mais qu'en ce qui concerne ce cas, la quantité et la qualité étaient tout à fait hors de la norme habituelle de ce qui se retrouve aux vidanges.
Elle déplore l'abandon d'autant de nourriture, alors que les banques alimentaires manquent souvent de telles denrées. «Surtout en hiver: des fruits frais, tu n'en vois pas souvent quand tu manges dans les banques alimentaires», ajoute-t-elle.
Peut-être mangeable, mais pas vendable
Du côté de l'épicerie en question, le directeur assure que, si des produits ont été jetés, c'est qu'ils n'étaient pas frais, sinon ils auraient été gardés. Parlant des produits, il estime qu'ils «étaient peut-être en état mangeable, mais pas vendable» s'ils se sont retrouvés aux ordures lors du processus de déménagement. Le directeur précise que ce sont des gens d'expérience qui étaient sur place pour assurer l'opération.
«Puisque nous n'avions jamais fait affaire avec aucune organisation, nous n'avions personne à appeler, c'est pour ça qu'on les a jetés» ajoute-t-il. Le responsable affirme que son épicerie travaille désormais avec des nouveaux compacteurs fermés, ce qui n'était pas le cas dans les installations précédentes.
Il précise que le commerce a toujours, par le passé, laissé des gens fouiller dans le compacteur sans les inquiéter et que, si de la nourriture encore consommable s'est retrouvée aux ordures, cela avait été fait «sans méchanceté».
Les gens de la Coop sur Généreux disent avoir pu récupérer toute la nourriture retrouvée et la distribuer à ceux qui en avaient besoin. Ils ont ainsi pu fournir des victuailles à d'autres communes, mais le groupe en a aussi cuisiné ou congelé une partie.
Selon la Coop, la situation du gaspillage alimentaire dans la métropole semble être une affaire généralisée. «C'est hallucinant, toute la nourriture qui est jetée. La moitié est à cuisiner, car elle n'est pas belle, mais l'autre moitié, c'est de la bonne bouffe!», soutient Mariannick Mercure.
par Olivier Caron
Ya tellement aucune surprise la-dedans. Mon père est propriétaire d'une épicerie et laisse moi te dire qu'il est le premier découragé par la nourriture encore bonne qu'il doit jeter (en particulier les fruits).
Le problème c'est que dès qu'un produit montre des signes de faiblesse (Ex: une banane a un "spot" un peu foncé) les clients ne l'achètent pas. Et comme les OBNL n'acceptent pas de se déplacer pour venir chercher des produits à moins que ce soit en très grosse quantité (souvent ils n'acceptent simplement pas les produits périssables) alors le commerçant doit les jeter.
Si le commerçant pouvait les vendre, croyez-vous vraiment qu'il couperait dans sa marge profit juste pour le plaisir? Et dans ce cas si, c'est pratiquement impossible que le transport coute cher au point ou il n'aurait aucun avantage à les vendre même si c'était à perte.
Il y a effectivement un problème à ce niveau dans les épiceries mais je ne crois pas que vous vous attaquer aux bonnes cibles.
Selon-moi, la clientèle y est pour beaucoup avec son désir grandissant d'avoir des produits parfaits et frais.
Ya tellement aucune surprise la-dedans. Mon père est propriétaire d'une épicerie et laisse moi te dire qu'il est le premier découragé par la nourriture encore bonne qu'il doit jeter (en particulier les fruits).
Le problème c'est que dès qu'un produit montre des signes de faiblesse (Ex: une banane a un "spot" un peu foncé) les clients ne l'achètent pas. Et comme les OBNL n'acceptent pas de se déplacer pour venir chercher des produits à moins que ce soit en très grosse quantité (souvent ils n'acceptent simplement pas les produits périssables) alors le commerçant doit les jeter.
Si le commerçant pouvait les vendre, croyez-vous vraiment qu'il couperait dans sa marge profit juste pour le plaisir? Et dans ce cas si, c'est pratiquement impossible que le transport coute cher au point ou il n'aurait aucun avantage à les vendre même si c'était à perte.
Il y a effectivement un problème à ce niveau dans les épiceries mais je ne crois pas que vous vous attaquer aux bonnes cibles.
Selon-moi, la clientèle y est pour beaucoup avec son désir grandissant d'avoir des produits parfaits et frais.
En réponse à JFDube:
En fait, ce n'est pas une question de s'attaquer à qui que ce soit. Mais plutôt de mettre des mots sur une réalité qui, selon mon constat, est encore bien tabou.
Tu as raison lorsque tu dis que la clientèle y est pour beaucoup dans ce gaspillage.
Pour ma part, je soutiens l'idée que la responsabilité de tout ce gaspillage repose sur chaque individu qu'il en soit conscient ou non.
Quoiqu'on en dise, il faut savoir sauter sur l'occasion. Ou dans l'container... ;)
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