jeudi 29 octobre 2009 à 16H57

Les omnipraticiens pour l'euthanasie


Miniature de l'image pour medecine_familiale1.jpgAprès les médecins spécialistes, les omnipraticiens du Québec se sont aussi prononcés en faveur de l'euthanasie.

Selon un sondage mené par leur fédération (FMOQ) sur l'euthanasie et non pas sur le suicide assisté, près des trois quarts d'entre eux (71,3%) seraient prêts à mettre fin aux souffrances d'un patient si de nouvelles balises réglementaires et législatives sont adoptées.

D'ailleurs, 87,3% des répondants jugent que la décision d'avoir recours à l'euthanasie devrait toujours se prendre dans un cadre clairement défini en tenant compte notamment de la volonté clairement exprimé par le patient ou par ses proches en cas d'incapacité, du médecin traitant et d'un autre médecin.

L'enquête révèle également que plus d'un omnipraticien sur deux (52,7%) affirme que l'euthanasie, bien qu'actuellement illégale, est pratiquée sous diverses formes et de manière indirecte au Québec.

Le président de la FMOQ, le Dr Louis Grondin, affirme ne pas être surpris des réponses de ses membres. Il précise que les omnipraticiens sont souvent ceux qui soignent et accompagnent les patients dont la mort est imminente, l'euthanasie est donc un enjeu déontologique et éthique important pour eux.

Il ajoute qu'il est temps que le sujet ne soit plus tabou et qu'un débat de société sur la question s'impose au Québec, mais aussi partout au Canada.

Ce sondage a été réalisé par Internet et par la poste du 9 au 28 octobre. Un peu plus de 1000 des 8000 membres de la FMOQ y ont répondu.

(sources: Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Rue Frontenac)


par Laura Boudreau


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Cet article a reçu 1 commentaire


  • ethos a dit le 3 juillet 2010 Signaler ce commentaire

    OUI à l'aide au suicide, mais NON à l'euthanasie !

    Au sujet de la différence entre l'euthanasie et l'aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement affirmer sans nuance qu'il n'existe pas de différence entre les deux : dans un cas c'est le patient lui-même qui s'enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l'autre c'est le médecin qui la retire. Il faut d'abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l'on se situe sur le terrain de l'éthique, on peut raisonnablement soutenir qu'il n'existe pas de différence. Cependant, si l'on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l'euthanasie (qualifié de meurtre au premier degré dont la peine minimale est l'emprisonnement à perpétuité) et l'aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d'emprisonnement). Dans le cas de l'aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l'aide au suicide constitue d'une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été décriminalisée au Canada en 1972, cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu'une complicité que s'il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide) n'est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l'aide au suicide est donc un non-sens.

    En revanche, l'euthanasie volontaire est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à l'un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l'interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d'autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d'ailleurs aboli la peine de mort en 1976 ! Si l'euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l'esprit, conclure que l'euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d'un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d'abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d'exprimer leur volonté) et les risques d'érosion de l'ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être pris en compte. Les risques de pente glissante de l'euthanasie volontaire (à la demande du patient apte) à l'euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient inapte) ou involontaire (sans égard ou à l'encontre du consentement du patient apte) sont bien réels comme le confirme la Commission de réforme du droit au Canada qui affirme :

    « Il existe, tout d'abord, un danger réel que la procédure mise au point pour permettre de tuer ceux qui se sentent un fardeau pour eux-mêmes, ne soit détournée progressivement de son but premier,
    et ne serve aussi éventuellement à éliminer ceux qui sont un fardeau pour les autres ou pour la société. C'est là l'argument dit du doigt dans l'engrenage qui, pour être connu, n'en est pas moins réel. Il existe aussi le danger que, dans bien des cas, le consentement à l'euthanasie ne soit pas vraiment un acte parfaitement libre et volontaire »

    Eric Folot



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