L'ancien ministre péquiste François Legault quitte la vie politique.
Le député de Rousseau a confirmé le tout lors d'un point de presse à 10h30 jeudi matin.
Lors de son allocution, il a soutenu qu'après 10 ans en politique active, le temps est venu de «passer à autre chose et d'envisager d'autres formes d'engagement dans la société québécoise».
François Legault a dit avoir réalisé lors des dernières semaines qu'il était de plus en plus inconfortable dans son rôle de critique des finances publiques, qu'il a occupé pendant six années. Il a aussi soutenu que sa «soif d'action», autre que politique, l'a rattrapé.
Il a aussi déclaré qu'actuellement, tout projet politique ambitieux, peu importe le parti qui le propose, est difficile à réaliser, notamment en raison du cynisme et du fatalisme ambiant.
«La question du Québec n'est pas réglée, mais c'est comme si on refusait de se l'admettre collectivement» a-t-il déclaré. François Legault a ajouté que les principaux problèmes actuels de la province sont l'écart de richesse avec les autres États nord-américains, l'efficacité des réseaux publics de santé et d'éducation ainsi que la crise des finances publiques.
François Legault, qui a notamment cofondé et dirigé Air Transat de 1986 à 1997, était le député de Rousseau depuis l'élection générale de novembre 1998. Il a été réélu trois fois à ce poste, soit en 2003, 2007 et 2008.
Lors du mandat de gouvernance du Parti québécois de 1998 à 2003, il a été notamment ministre de l'Éducation et ministre de la Santé.
Ce départ est un dur coup pour le PQ, surtout après que la formation n'ait pas réussi à faire élire l'ancien bloquiste Paul Crête dans Rivière-du-Loup lundi dernier. Certains observateurs de la scène politique québécoise avancent qu'il y avait certaines divergences d'opinion entre le député de Rousseau et sa chef Pauline Marois.
François Legault avait été probablement le député péquiste le plus en vue lors des derniers mois, puisqu'il assumait le poste de porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie et de finances. L'opposition péquiste a largement dénoncé depuis la dernière élection la gestion du gouvernement Charest dans de nombreux dossiers liés aux finances publiques et le député de Rousseau est fréquemment intervenu tant en chambre que sur la place publique.
C'est entre autres lui qui a exploité le dossier de la gestion des Fonds d'intervention économique régional (FIER), dénonçant un supposé conflit d'intérêts par d'anciens proches du Parti libéral du Québec. C'est aussi François Legault qui a occupé l'avant-scène en ce qui concerne le point de vue péquiste sur des dossiers tels que les pertes de près de 40 milliards de dollars à la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi que sur l'intervention économique du gouvernement libéral en temps de crise.
(sources: Assemblée nationale, Radio-Canada)
par Olivier Caron
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