Le conflit de travail au Journal de Montréal a été très médiatisé, de sorte que 83% des Québécois en ont entendu parler. C'est un des enseignements d'un sondage IpsosDescarie/BRANCHEZ-VOUS.com réalisé au cours des dernières semaines.
Seule une minorité de Québécois pense bien connaître les raisons de ce conflit: 25% des répondants se disent très ou assez au courant du dossier, alors que 47% s'en disent peu au courant et 28%, pas du tout.
Cela n'empêche pas la population d'éprouver de la sympathie pour les employés en lock-out. Exactement deux Québécois sur trois (67%) ont tendance à supporter le point de vue des employés, contre 33% qui tendent à supporter le point de vue de la direction du Journal de Montréal.
Pourtant, la cote de sympathie des employés ne bénéficie pas vraiment de la médiatisation du dossier. En effet, une proportion presque égale (65%) de Québécois supporte les employés, de façon générale, dans tous les conflits de travail entre le patronat et des employés syndiqués.
Il y a cependant une région où le conflit du Journal de Montréal est perçu de façon singulière et c'est, paradoxalement... à Québec. Alors que, de façon générale, les gens de la région de Québec ne supportent les employés que dans une proportion de 55% dans les conflits de travail, ils sont 65% à supporter les employés du Journal de Montréal. Les gens de la région de Québec ont eu eux-mêmes à faire face, l'an dernier, à un long conflit entre les employés et la direction du Journal de Québec.
Les employés du Journal de Montréal sont en lock-out depuis le 24 janvier.La convention est échue depuis le 31
décembre 2008. Le 23 janvier était la date limite d'une trève convenue
entre le syndicat et l'employeur. Toutefois, la ronde de négociations n'a pas porté fruit.
Le cœur du conflit est la durée de la semaine de travail: Quebecor veut faire passer de 30 à 37,5 le nombre d'heures par semaine travaillées par les employés. Les parties sont aussi en désaccord sur les modalités d'une convergence entre le quotidien et d'autres médias de Quebecor.
Le Journal de Montréal est présentement nourri et mis en page par des cadres du quotidien, ainsi que par des employés d'autres filiales de Quebecor, avec la contribution de chroniqueurs pigistes. Les employés en lock-out, eux, couvrent l'actualité sur leur propre site web, RueFrontenac.com, depuis le 28 janvier.
Ce sondage sur le conflit a été mené par Ipsos Descarie pour le site d'information BRANCHEZ-VOUS.com. Il a été réalisé par Internet entre le 10 et le 16 février 2009 auprès de 1125 adultes québécois. Sa marge d'erreur maximale est de 3%, 19 fois sur 20. Les résultats détaillés du sondage sont disponibles à www.branchez-vous.com/sondages
par Geneviève Allard
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