Le cas d'Eluana Englaro divise toujours l'Italie au sujet de l'euthanasie et le gouvernement pourrait intervenir dès ce vendredi.
Eluana Englaro est cette Italienne qui est dans le coma depuis 17 ans après un accident de voiture, mais qui a été admise mardi, dans une clinique privée d'Udine, dans la région Frioul-Vénétie julienne, où elle ne sera plus alimentée et hydratée à partir de la fin de semaine prochaine. Selon les autorités médicales, la femme de 37 ans sera décédée deux semaines après la fin de son alimentation. Il est à noter que la patiente ne souffrira pas, étant placée sous sédatifs. Son père, Beppino Englaro, qui a mené une longue bataille judiciaire pour faire débrancher le tube d'alimentation de sa fille, soutient que ce geste est le premier pas vers la libération d'Eluana.
Bien que cette décision soit celle de la famille de la femme, la question passionne et déchire les Italiens. C'est la Cour de cassation italienne qui a décidé en novembre 2008 de reconnaître son droit à mourir, mais de nombreux intervenants, dont des prélats catholiques et des politiciens, ont dénoncé ce jugement.
Le débat a été attisé ces derniers jours par les propos du Pape Benoît XVI qui a affirmé dimanche que l'euthanasie est une «fausse solution au drame de la souffrance» et une attitude «indigne de l'homme». Un cardinal qui est ministre de la Santé au Vatican, Javier Lozano Barragan, a quant à lui soutenu que l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation de cette femme constitue un «abominable assassinat».
Le ministre italien de la Santé, Maurizio Sacconi, a affirmé plus tôt cette semaine que le gouvernement étudierait la conformité de la clinique où Eluana Englaro doit passer ces derniers jours ainsi que les modalités d'hospitalisation. Or, le gouvernement italien envisage d'adopter en urgence dès ce vendredi un décret-loi afin d'empêcher l'arrêt de l'alimentation d'Eluana.
Selon ce que rapportait jeudi après-midi l'agence Ansa, le décret prévoit que «l'alimentation et l'hydratation, en ce qu'elles sont des formes de soutien à la vie ou ayant pour objectif physiologique de soulager la souffrance, ne peuvent en aucun cas être refusées par les personnes intéressées ou suspendues par ceux qui assistent les personnes qui ne sont pas en mesure de décider pour elles-mêmes». Le tout a été approuvé hier par le premier ministre Silvio Berlusconi, mais a été suspendu plus tard par le président Giorgio Napolitano, qui est perplexe face à ce décret et qui a annoncé qu'il ne le signerait pas.
(sources: Le Monde, Ansa, AGI)
par Olivier Caron
Services