C'est ce mardi, 27 janvier, que le budget fédéral a été déposé à la chambre des Communes d'Ottawa.
Comme ce qui avait été annoncé lors des derniers jours par les sources gouvernementales, le ministre des Finances Jim Flaherty a présenté un budget déficitaire de 34 milliards de dollars pour cette année, une première en douze ans.
C'est que pour l'année 2009-2010, les revenus du gouvernement fédéral seront de 225 milliards de dollars, alors que les dépenses seront de l'ordre de 259 milliards de dollars, ce qui fait un déficit de 34 milliards de dollars. L'exercice se terminant le 31 mars 2009 sera en déficit de 1,1 milliard de dollars. Le retour aux surplus est prévu dans cinq ans et le budget 2010-2011 devrait être déficitaire de 29,8 milliards de dollars.
Le ministre Flaherty soutient que grâce à ce budget, l'économie canadienne pourra faire face à la crise économique. «Il assure à l'économie une stimulation temporaire et efficace pour aider les familles et les entreprises canadiennes à faire face à leurs problèmes à court terme. Nos investissements vont accroître la capacité du Canada à long terme; ainsi, lorsque la récession mondiale prendra fin, nous en sortirons encore plus forts» soutient le ministre Flaherty.
La raison principale de ce déficit est le plan de relance des conservateurs, qui injecte 40 milliards de dollars dans l'économie sur deux ans. 11,8 de ces milliards sont consacrés aux infrastructures. Grâce à ce montant, le gouvernement investira entre autres dans la construction de routes et de ponts, tout en développant l'accès Internet à haute vitesse et aux dossiers de santé électronique. Par exemple, 212 millions de dollars sont accordés à la réfection du pont Champlain, à Montréal, tandis que 2 millions de dollars serviront à concevoir le plan d'avenir du Manège militaire de Québec, rasé par les flammes en avril 2008.
Le budget comprend aussi des baisses d'impôts de l'ordre de 20 milliards de dollars pour 2008-2009 et les cinq années financières suivantes. Celles-ci concernent la classe moyenne et les citoyens à faible revenu, une demande répétée à maintes reprises par le chef du Parti libéral du Canada Michael Ignatieff lors des dernières semaines.
Des crédits d'impôt pour la rénovation des maisons ont aussi été entérinés par le gouvernement fédéral. Ainsi, le crédit pour la rénovation est de trois milliards de dollars. Il permettra une économie maximale de 1350 dollars pour des travaux effectués d'ici février 2010, mais les 1 000 premiers dollars sont exclus. Pour le crédit d'achat d'une première maison, le montant total accordé par le gouvernement est de 385 millions de dollars pour trois ans. Ce crédit d'impôt signifie 750 dollars d'allègement fiscal maximum pour une première propriété.
Côté assurance-emploi, le fédéral prolonge tous les droits de prestation de cinq semaines. Le tout est accompagné de mesures pour la main-d'oeuvre et la formation. L'environnement ne fait pas figure de priorité. Ottawa accorde un montant de 1 milliard de dollars pour les projets d'infrastructure verte, tandis qu'un autre milliard sur cinq ans est dévolu à la recherche technologique en environnement.
Les entreprises tirent aussi profit de l'exercice budgétaire conservateur, alors que la réduction d'impôts est maintenue. Des amortissements pour des ordinateurs et des équipements seront disponibles. De plus, le gouvernement abolit les tarifs douaniers sur les équipements importés, tandis que les PME auront des allègements d'impôts.
Le plan de relance sur deux ans: 39,9 milliards de dollars
- 12,8 milliards $ pour les impôts, les prestations, la formation et l'assurance-emploi
- 11,8 milliards pour les infrastructures
- 7,8 milliards $ pour le logement et la construction
- 7,5 milliards $ pour les entreprises et les collectivités
Pour l'ensemble du budget, consultez le site Internet du ministère des Finances du Canada. Vous pouvez aussi consulter aussi les faits saillants du budget.
Débats houleux aux Communes
Avant la présentation officielle du budget à 16h, les partis politiques ont siégé à la chambre des Communes et de vifs échanges ont notamment eu lieu entre les chefs du Parti conservateur et du Parti libéral du Canada, Stephen Harper et Michael Ignatieff.
Le leader du PLC a entre autres accusé le premier ministre Harper d'avoir tardé à agir avec son plan d'action et d'avoir nié pendant longtemps qu'il irait en déficit.
Les partis politiques de l'opposition, formée du Parti libéral du Canada, du Nouveau parti démocratique et du Bloc québécois, peuvent voter contre ce budget. Pour le moment, ils brandissent toujours la menace d'une coalition, comme ils l'avaient fait après la présentation de l'énoncé économique de Jim Flaherty le 27 novembre dernier.
(sources: Ministère du Revenu du Canada, Radio-Canada, TVA, La Presse)
par Olivier Caron
Services