Lundi, le gouvernement Harper a annoncé qu'il changeait la formule de péréquation pour ralentir la hausse des coûts de ce programme pour les provinces. Le Québec en sera désavantagé, mais l'Ontario aura pour la première fois accès à la péréquation.
C'est à la fin d'une réunion de trois heures sur la crise financière avec ses homologues provinciaux que le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a fait cette annonce.
La ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget a semblé surprise par cette annonce précipitée que son homologue fédéral n'a pas expliqué. Elle maintient qu'il n'y a eu qu'un chiffre et que les fonctionnaires du ministère vont travailler pour trouver et mieux comprendre la nouvelle formule.
Le programme fédéral de péréquation calcule la capacité fiscale de chaque province et vient en aide à celles qui sont plus pauvres que la moyenne, le tout pour réduire les écarts dans les services. Désormais, la valeur des ressources naturelles est dans le calcul ce qui creuse l'écart entre les provinces riches et les moins nanties, surtout avec la flambée des prix du pétrole et du gaz. Ottawa a dû verser des montants plus importants pour combler cet écart.
Ottawa ne veut plus que la facture du programme de péréquation grimpe de 10 à 15% annuellement et veut que la hausse des paiements aux provinces soit plus alignée sur la croissance véritable de l'économie du pays. Avec l'Ontario, 70% des Canadiens vivent désormais dans une province recevant de la péréquation.
Ce changement rend le Québec perdant, puisque la péréquation représente environ 12% de ses revenus annuels. La province perdra environ 50 millions $ en 2009-2010, une baisse en lien avec les projections, mais pas une réduction nette parce que le programme continue de grossir. Ce qui veut dire que le Québec recevra 8,355 milliards$ avec la péréquation en 2009-2010, soit 327 millions$ de plus que cette année.
Mme Jérôme-Forget s'est quand même dite prête, étant donné qu'elle maintient avoir fait des évaluations conservatrices de ce que le Québec recevrait de la péréquation.
Pour le gouvernement fédéral, le programme de péréquation coûtera 14,2 milliards$ en 2009-2010, soit 600 millions de plus que cette année. 347 millions de ce montant iront à l'Ontario, de qui incombe 40% du PIB canadien.
L'Alberta, la Saskatchewan, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve (pour la première fois de son histoire, grâce au pétrole et au gaz) n'auront pas de péréquation en 2009-2010.
(source: Le Devoir)
par Geneviève Allard
Services