Le cheikh Mohamed Al Maghrawi a créé toute une polémique sur le statut de l'enfant, de l'islam et du mariage forcé.
Selon lui, l'Islam permet de mariage des fillettes dès l'âge de neuf ans, selon une fatwa qu'il publie sur son site Internet. maghrawi.net.
Cet avis religieux indique que le corps d'une fillette de neuf ans lui permet d'avoir des rapports sexuels et de s'unir à un homme. Selon lui, le prophète Mahomet en a fait la démonstration parce que sa troisième épouse, Aïcha, avait six ans au moment du mariage, et neuf ans lors des relations sexuelles.
Pour bien des Marocains, il s'agit là d'un fol appel à la pédophilie qui en Europe et ailleurs serait condamné par la justice.
Un avocat de Rabat a porté plainte contre le cheikh marocain, parce qu'il considère qu'il s'agit d'une atteinte aux droits de l'enfant, un appel au viol et à la pédophilie, en plus de remettre en question la moudawana, le code de la famille qui fixe l'âge minimum du mariage des filles au Maroc à 18 ans.
Le roi Mohammed VI a fermé le siège de l'association du cheikh à Marrakech, en plus de ses maisons coraniques partout dans le pays nord-africain.
En Égypte, en Jordanie, en Arabie Saoudite, en Irak et ailleurs dans le monde musulman, ce débat fait rage. Au Yémen, le cas de la petite fille de huit ans qui avait demandé un divorce deux mois après son mariage avait fait le tour du monde. Elle avait accusé son ex-mari, 22 ans plus vieux qu'elle, d'abus sexuels et son père, de mariage forcé. C'était une première dans ce pays qui n'impose pas d'âge légal pour le mariage. Un mouvement féministe yéménite propose de l'interdire avant 18 ans.
En Arabie Saoudite, un homme de soixante ans avait marié une fillette de 10 ans, ce qui avait indigné des intellectuels. Ils avaient demandé au roi Abdallah d'intervenir, sans succès.
Au Bahreïn, le gouvernement veut fixer la majorité sexuelle à dix-huit ans, mais des islamistes contestent cela et disent préférer 15 ou même 10 ans, parce que cette décision politique porterait atteinte au Prophète et à la liberté de se marier tôt.
Un expert irakien en loi islamique soutient même que les filles musulmanes sont plus mûres que les occidentales ou celles provenant des pays froids, où les filles ne peuvent atteindre leur maturité sexuelle avant 22 ans.
Selon les opposants, il s'agit plutôt là d'une façon d'éduquer et de dominer les jeunes filles, parce que si elles avaient trente ans, elles ne seraient pas manipulables.
(Sources: Rue89.com, La Liberté.ch)
par Geneviève Allard
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