lundi 20 octobre 2008 à 16H34

Stéphane Dion laisse la place


Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a annoncé ce lundi après-midi qu'il quittera ses fonctions de leader de la formation politique, mais qu'il demeure en poste en attendant qu'on lui trouve un remplaçant.

Lors d'un point de presse peu après 14h, le chef libéral a dit avoir pris le soin de bien peser sa décision en fonction de l'avenir de son parti et du Canada. Il en est finalement venu à la conclusion, après avoir été conseillé par ses proches ainsi que par des membres de son parti, qu'il devait céder la place.

Il a informé le Parti libéral qu'il allait quitter ses fonctions de chef, mais qu'il demeure en fonction jusqu'au prochain congrès à la chefferie afin d'assurer une transition ordonnée et réussie. Il appartiendra au président du caucus national libéral d'organiser la course au leadership, qui pourrait se conclure en mai 2009, lors du prochain congrès du parti. En attendant, M. Dion se concentrera sur les finances de sa formation afin de combattre à armes égales avec les conservateurs et réussir à gagner les prochaines élections. Par ailleurs, le chef libéral n'a pas encore décidé s'il se représenterait comme député au prochain scrutin fédéral.

Stéphane Dion a affirmé prendre sa part de responsabilité pour les résultats décevants du dernier scrutin fédéral. Il soutient qu'il faut renouveler le parti et que la nomination d'un nouveau chef ne suffira pas à réussir ce renouvellement. Il a cependant tenu à dire que ses expériences en politique, malgré les hauts et les bas, lui ont donné l'opportunité de servir son pays comme il n'aurait jamais cru pouvoir le faire. Il a aussi affirmé que son Tournant vert, soit son plan en environnement qui a été vertement critiqué par le premier ministre conservateur Stephen Harper, aurait fait du Canada un pays plus juste et plus vert.

Le leader libéral a aussi tenu à rappeler l'admiration qu'il vouait aux deux premiers ministres libéraux qui l'ont précédé, soit Jean Chrétien et Paul Martin. Finalement, il a remercié sa famille, les députés libéraux gagnants et perdants des dernières élections ainsi que ses électeurs montréalais de Saint-Laurent-Cartierville pour l'avoir élu six fois.

Suite à cette annonce de leur chef, les députés et sympathisants libéraux ont pratiquement tous salué son travail et sa décision, à l'exception du sénateur libéral Francis Fox. Celui-ci soutient que Stéphane Dion a raté sa sortie et qu'il n'aurait pas dû prendre seul la décision d'assurer l'intérim sans consulter le caucus du parti. Il estime qu'il aurait personnellement préféré que quelqu'un d'autre assure la transition.

Lors des élections fédérales du 14 octobre dernier, le PLC a perdu 19 sièges au Parlement. Alors que la députation conservatrice minoritaire passait de 127 à 143, celles des libéraux, dans l'opposition depuis janvier 2006, passait quant à elle de 95 à 76.

Le chef démissionnaire n'avait pas tenu de point de presse depuis son discours postélectoral le soir du scrutin, soit mardi dernier. Depuis, l'ancien ministre libéral de l'Immigration et député d'Eglinton-Lawrence, Joe Volpe, a réclamé sa démission. Celui-ci, ancien candidat à la chefferie libérale qui avait finalement appuyé Bob Rae, a déclaré dans certains médias ontariens jeudi dernier qu'il est temps de recommencer la reconstruction pour les libéraux et qu'il est évident que personne ne donnera sa chance à Stéphane Dion de faire cette reconstruction.

La machine à rumeurs est quant à elle bien active depuis les résultats électoraux quant au remplaçant de Stéphane Dion. Les noms de ses deux anciens adversaires à la chefferie, soit Michael Ignatieff et Bob Rae, reviennent fréquemment, tout comme celui de l'ex-ministre des Affaires étrangères John Manley. Frank McKenna, l'ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick, a quant à lui fait l'objet de rumeurs quant à son intention de devenir le chef du PLC, tout comme Martin Cauchon et Martha Hall Findlay.

Stéphane Dion est devenu chef du Parti libéral du Canada en décembre 2006. Il succédait à Paul Martin, qui avait perdu en janvier de la même année les élections aux mains des conservateurs de Stephen Harper. M. Dion avait alors battu au fil d'arrivée Michael Ignatieff et Bob Rae, à la surprise générale.

Stéphane Dion est député fédéral de Saint-Laurent-Cartierville depuis 1996. Il a été ministre responsable de l'Unité canadienne et ministre de l'Environnement.

(source: Radio-Canada, La Presse)


par Olivier Caron




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