Lundi, le passé du célèbre écrivain Milan Kundera a été mis en cause par la publication d'un rapport de la police communiste tchécoslovaque qui soutient qu'il a dénoncé un jeune déserteur alors qu'il étudiait à Prague en 1950.
Milan Kundera, 79 ans, est sorti de longues années de silence vis-à -vis de la presse pour démentir ces informations qu'il a qualifiées de purs mensonges.
C'est un rapport de police publié par le très officiel Institut tchèque d'études des régimes totalitaires qui a fait état d'une déposition spontanée de l'auteur de l'Insoutenable légèreté de l'être qui date du 14 mars 1950 et qui fait état de la présence à Prague d'un de ses compatriotes, Miroslav Dvoracek. Ce dernier a été ensuite arrêté et condamné à 22 ans de prison.
Âgé de 21 ans, Dvoracek avec déserté et fui en Allemagne après une purge menée par les communistes à l'Académie militaire, là où il préparait son brevet de pilote. Il avait accepté à Munich de coopérer avec une branche du contre-espionnage américain et de rentrer en mission secrète dans son pays. C'était pour ça qu'il était à Prague en 1950.
Pour Milan Kundera, qui vit à en France depuis 1975, la découverte de ces documents est un mystère, puisqu'il n'était pas au service de la police secrète.
Dvoracek a été relâché en 1963, après avoir été envoyé en prison puis dans un camp de travail forcé dans une mine d'uranium. Il est aujourd'hui âgé de 80 ans et vie en Suède. Selon son épouse, de savoir qui l'a dénoncé ne fait aucune différence pour lui.
En 1967, Milan Kundera avait publié le livre à succès La Plaisanterie, un roman qui raconte l'histoire d'un étudiant de Prague trahi par un ami.
Milan Kundera a été un communiste convaincu et s'est placé du côté des réformateurs dans les années 1960. Après l'écrasement du Printemps de Prague en août 1968, il a été interdit de toute activité publique, ce qui l'a amené à s'exiler en 1975.
(Source: Agence France-Presse)
par Geneviève Allard
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