Dans la crise de la bactérie listériose, plusieurs détaillants et restaurateurs estiment que le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) aurait réagi de façon trop vive avec eux.
Plusieurs détaillants touchés accusent en fait les inspecteurs du MAPAQ d'avoir agi avec excès de zèle lors de la dernière fin de semaine quand ils ont saisi des milliers de kilos de fromage.
Réagissant à cette opinion sur les ondes du réseau RDI en soirée lundi, le docteur Horacio Arruda, directeur de la Protection de la santé publique du Québec, a soutenu qu'il fallait agir de la sorte puisque l'éclosion est en cours et qu'une menace appréhendée est présente. Le Dr. Arruda estime qu'à partir des enquêtes, les données étaient suffisantes pour suspecter des contaminations croisées en au moins deux endroits. Il soutient également que le fait de laisser dans le marché des produits suspects représentait un risque trop grand pour les personnes vulnérables à la listériose.
Jacques Goulet, microbiologiste et professeur en Sciences des aliments à l'Université Laval, estime quant à lui que la façon de faire du MAPAQ était musclée, mais que seul l'avenir nous dira si c'était exagéré ou vraiment efficace. «C'est sûr que dans les circonstances, on veut rassurer le public et on prend les grands moyens pour le rassurer» a affirmé le microbiologiste à RDI. «L'avenir nous dira peut-être si on a utilisé un obus pour tuer une mouche» a conclu M. Goulet.
Rappelons qu'au Québec, la bactérie listériose a fait jusqu'à présent un mort, une vingtaine de malades et forcé six femmes enceintes à accoucher de façon prématurée. La souche de la bactérie a causé la mort de treize de personnes au Canada jusqu'à présent. Ils avaient tous été infectés par des produits de viande Maple Leaf d'une usine de Toronto.
Les personnes les plus à risque de contracter la bactérie sont les personnes âgées, les enfants en bas âge et les individus dont le système immunitaire est affaibli.
Source: Radio-Canada
par Olivier Caron
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