Émeutiers virtuels
Quelques jours après le Sommet de Québec, une copine me racontait –un peu naïvement- à quel point elle avait adoré lancer des pierres à travers les vitres brisées des banques. Elle venait de découvrir les joies de la violence urbaine.
Son fils, un ado, n'a pas connu ce plaisir. Mais ce «gamer» en herbe pourra bientôt connaître une manière tout à fait virtuelle de participer à ces émeutes du 21e siècle. Le chanceux.
Seattle, Québec, Göteborg, Gênes… Les manifestations anti-mondialisation qui ont tourné au vinaigre ont en effet inspiré l'éditeur de jeux vidéos Rockstargames, qui lancera à l'automne State of Emergency. Une version salée directement inspirée de ces manifs. Voyez plutôt le scénario.
L'aventure se déroule quelque part dans le proche futur. Dans une ville sans nom, l'oppressante Organisation américaine du commerce (American Trade Organization, ATO) a déclaré l'état d'urgence. Les autorités essaient tant bien que mal de contrôler les mouvements organisés de résistance et d'empêcher la révolte de s'étendre sur la ville barricadée. Ça vous rappelle quelque chose?
Votre mission: survivre. Votre personnage appartient à un groupe de rebelle, dont certains membres lui confie des objectifs. Par exemple, celui de voler cinq magnétoscopes dans un magasin et de les ramener au camion. Pas si simple, car des ennemis tenteront de vous empêcher de parvenir à votre but. Les ennemis? Des gang de rues violents ainsi que des policiers à la matraque facile.
Il faut donc attaquer et se défendre. Tirer dans la foule au pistolet ou au bazooka. Ou utiliser tout ce qui vous tombe sous la main: morceaux de tuyaux, briques et bancs publics. Cerise sur la gâteau: en continuant à tirer à bout portant sur les cadavres, vous pourrez les démembrer puis utiliser, à votre guise, bras ou jambe pour vous défendre. Des heures de plaisir.
Un jeu très réaliste, aux dires de ceux qui ont pu l'essayer. Si vous tirez dans la foule, les gens se mettent à courir en criant, certains se penchant pour se couvrir. À coup de cocktail Molotov, il est même possible, en insistant un peu, de mettre le feu à un immeuble. Très, très réaliste.
Banalisation? Récupération? Mauvais goût? Vu la popularité qu'a connu ce jeu lorsqu'il a été présenté au dernier E3 de Los Angeles, parions surtout que, tout comme à la télé, le divertissement inspiré de la réalité continuera à connaître bien du succès. À prendre avec légèreté.
Masters du Canada
Plus inoffensif, un jeu vidéo de tennis «entièrement réalisé au Québec» est attendu le 25 octobre. Tennis Masters Series porte bien son nom puisqu'il s'inspire carrément des Tournois des maîtres, dont celui du Canada, qui s'est terminé il y a quelques jours. Les amateurs apprécieront la précision du 3D, car les créateurs ont utilisé un système de capture en mouvement pour modéliser les actions et les déplacements des joueurs. À voir.
Chronique rédigée par Gildas Meneu
Envoyer à un(e) ami(e)
Consultez les chroniques précédentes
Cette chronique est publiée chaque jeudi dans l'hebdomadaire
ICI. ICI est une publication de Communications Gratte-Ciel distribuée
gratuitement à Montréal.
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 09 août 2001