Réactions en chaîne
Sans vouloir imiter le «pas très humble», un collègue branché d'un quotidien montréalais que je ne nommerais pas, je voudrais vous entretenir cette semaine de quelques courriels qui me sont parvenus inopinément.
Le premier fait directement référence à la mésaventure de Bernard Landry et du nom de domaine bernardlandry.com. J'avais écrit que notre premier ministre s'était fait «voler» son nom de domaine. Ce qui n'a pas plu au propriétaire de cette adresse, David Morgan.
«Les noms de domaine sont distribués sur le principe du premier arrivé, premier servi, constate M. Morgan. Aucun arbitre, aucune cour n'a statué qu'il (Bernard Landry) est le propriétaire légitime du nom de domaine. Ce n'est pas parce que quelqu'un ne porte pas le même nom qu'il ne peux pas être propriétaire d'un nom de domaine. Des milliers de personnes pourraient avoir une raison légitime de posséder ce nom, dont moi.»
Ce en quoi M. Morgan a entièrement raison. Mais, gagnerait-il sa cause, en cas de litige? Pas évident. Les critères des tribunaux en la matière sont assez clairs. Il suffit de répondre à ces trois questions:
1-Y'a-t-il intention de profiter du nom de domaine?
Un tribunal pourrait donner raison au requérant si, par exemple, l'achat du nom de domaine a été fait dans l'intention de le revendre. Ce qui n'est apparemment pas le cas de David Morgan. Par contre, M. Morgan ne cache pas vouloir profiter du trafic que le nom de domaine peut générer. Et là-dessus, un tribunal pourrait ne pas lui donner raison.
2-Y'a-t-il intention de nuire?
Assez clairement, puisque le site sert surtout à se moquer de Bernard Landry. Encore un point en faveur de notre premier ministre.
3-Le propriétaire est-il légitime?
Les .com sont des domaines qui s'adressent surtout aux entreprises à but lucratif. Pour pouvoir justifier la propriété d'un nom de domaine, il faudrait que le nom soit une marque déposée. Et Bernard Landry n'en est pas une. Il n'est pas non plus une entreprise, d'ailleurs. Cela pourrait profiter à David Morgan.
Mais ces litiges sont réglés au cas par cas. Il est impossible d'avoir une idée de ce qu'un tribunal pourrait décider. Affaire à suivre.
Espions
«j'ai un logiciel que je ne peux pas déloger même après être allé dans ma base de registre. Il s'agit d'une barre de publicité qui se promène dans le haut à droite de mon écran. Je crois avoir eu ça avec Geno Pro, que j'ai effacé, ou Netsonic.»
En effet, Geno Pro (un logiciel de généalogie) contient les logiciels espions Cydoor, web3000 ou Radiate, selon les versions. Si on se fie à certaines listes, près d'un millier de logiciels sont infestés de ces espiogiciels. On peut trouver cette liste, en français, sur ce site. Lisez la chronique de la semaine dernière pour savoir comment les supprimer.
Espions 2
Encore à propos des espiogiciels, on m'a demandé s'il existait des logiciels de nettoyage en français. Je ne l'ai pas dit la semaine dernière, mais Ad-Aware fonctionne aussi en français. Une fois installé, cliquez sur l'icône, et allez dans la zone «Customize Ad-Aware». Vous y trouverez un menu des différentes langues disponibles, dont le français. Par ailleurs, il existe aussi le logiciel français FlowProtector. Malheureusement, il n'est pas gratuit (20$), et il n'existe aucune version d'essai.
Chronique rédigée par Gildas Meneu
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Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 02 août 2001