Les espions du Net
L'Internet a une fâcheuse tendance à me rendre paranoïaque. Depuis près d'une semaine, j'ai décidé de faire la chasse aux espions qui se cachent dans mon disque dur. Y'a du boulot.
Tout a commencé un joli matin d'été, avec une furieuse envie de musique. Il me prit alors une envie d'essayer les logiciels d'échange de MP3. Vous savez, ceux que le procès de Napster a permis d'émerger.
Limewire, AudioGalaxy, Kazaa, Winmx, Aimster… des heures de plaisir, à installer et essayer ces petits joujoux.
Jusqu'à ce que je me rende compte que certains de ces petits copains avaient commencé à prendre le contrôle de mon ordinateur. J'exagère à peine.
Un exemple: l'installation d'AudioGalaxy a permis à un petit logiciel, Webhancer, de se glisser discrètement dans mon disque dur. Très discrètement, car bien que la question me fut posée pendant le processus d'installation d'AudioGalaxy, je ne la vis point immédiatement. Ce n'est qu'en interrompant le processus d'installation pour revenir sur mes pas que je mis la souris dessus, constatant que j'avais répondu Oui à Webhancer sans m'en rendre compte. Hypocrite.
Webhancer, une idée d'une société d'Ottawa, est ce qu'on appelle un spyware, ou espiogiciel, pour l'OLF. Un logiciel espion, pour parler plus clairement. À la double personnalité, en plus.
Du point de vue de l'internaute, il est offert comme «compagnon», qui lui donnera sa vitesse exacte de navigation. Utile, parfois, pour vérifier que son fournisseur d'accès tient ses promesses.
Mais au-delà de cette sympathique fonction, de l'autre côté de la jolie médaille, Webhancer est surtout vendu aux sites Web comme outil de mise en marché. Car il traque les habitudes de navigation de l'internaute. Un prêté pour un rendu, si vous voulez.
Il analyse donc la vitesse de navigation et le comportement de l'usager sur le site. Si, du côté de l'internaute, l'intérêt est mince, le site qui désire mieux connaître ses visiteurs trouve son bonheur.
Webhancer est loin d'être le pire de tous. Malgré les apparences, il respecte un minimum l'internaute en lui demandant son avis avant de s'installer. Ce qui est loin d'être le cas de tous les espiogiciels.
Si vous utilisez le dictionnaire Babylon, par exemple: un petit module de Cydoor, une autre compagnie de marketing, est installé dans votre disque dur sans votre consentement et collecte quelques informations sur votre comportement face aux pubs du logiciel.
J'ai appris l'existence de Cydoor lorsque j'ai utilisé les services d'Ad-Aware, un logiciel qui traque et chasse les méchants espions. Ad-Aware balaye le disque dur, la base de registre et le dossier des cookies, dégote les vilains et offre de les effacer. En général, c'est sans risque.
Cydoor une fois effacé, donc, voilà que mon Babylon ne fonctionnait plus! Il m'a même demandé d'aller le télécharger et de l'installer! Il en faut, du culot. Votre modeste chroniqueur, qui a plus d'un tour dans son sac, a tout simplement piraté Babylon pour obtenir la version sans pub! Internaute: 1 – Cydoor: 0.
Quelques logiciels utiles:
Ad-Aware
La version gratuite est manuelle. Il faut dont l'utiliser régulièrement pour faire le ménage. La version payante s'installe dans la barre des tâches et surveille toute intrusion.
Spyblocker
Un autre logiciel, gratuit, qui surveille les entrées malveillantes. Il chasse aussi les pixels invisibles et supprime les bandeaux de pubs. Très efficace.
Chronique rédigée par Gildas Meneu
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Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 26 juillet 2001