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Orage et grêle II

C'est ce qu'on peut appeler une gaffe. Une grosse gaffe. Les conditions d'utilisation de Passport de Microsoft ont soulevé un véritable tollé chez les défenseurs des droits des internautes. Tellement que Microsoft a du s'en excuser.

Officiellement, Microsoft s'en est sorti par le biais d'une de ses porte-parole qui a tout simplement affirmé que les conditions d'utilisation de Passport étaient périmées.

A suivi une modification majeure du contrat qui invalide le paragraphe en question. Désormais, explique t-on chez Microsoft, il faut se référer au contrat de Déclaration de confidentialité pour être informé du droit de l'internaute à la protection de ses données personnelles.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Ladite déclaration renvoie à TRUST-e, un organisme indépendant chargé de surveiller les politiques de confidentialité des sites Web. À la demande d'un site, TRUST-e vérifie les politiques en question et délivre un certificat lorsqu'elles satisfont aux normes juridiques. Et Microsoft a obtenu ce certificat pour Passport.

Bref, en théorie, nous devrions être rassuré.

L'argument n'a cependant pas convaincu l'Electronic Frontier Foundation (EFF), l'un des plus importants chien de garde des droits des internautes. Comment faire confiance à une compagnie qui dit tout et son contraire? En effet, comment expliquer, que ce contrat, qui est en vigueur depuis deux ans, n'est jamais été vérifié par TRUST-e?

Ironie du sort, TRUST-e a été fondé par Lori Fena, qui fut aussi directrice de l'EFF, l'organisme qui critique aujourd'hui Microsoft.

On pourrait donc parler de grossière négligence. Mais les plus méfiants verront peut-être aussi une sorte de ballon d'essai. Microsoft s'est laissé tenté et est quand même parvenu à faire signer un contrat abusif à des millions d'internautes pendant deux ans.

Comme le dit l'EFF, le contrat de confiance entre Microsoft et des milliers d'internautes est désormais rompu. Mais c'est aussi la preuve que les organismes de défenses des internautes et le public se désintéressent des questions juridiques. Ce n'est sûrement pas la dernière fois qu'on essaiera de nous en faire passer une petite vite…

Écrivains inquiets
Un membre du Conseil d'administration de l'Union des écrivains et écrivaines du Québec (UNEQ), plutôt inquiet, nous a même écrit pour nous demander des précisions sur cette affaire.

Charles Montpetit envisage carrément d'alerter ces membres pour leur conseiller de ne plus utiliser Hotmail et les autres services de Microsoft pour l'échange d'informations professionnelles.

Mais viendrait-il à l'idée d'un écrivain d'envoyer son manuscrit par courrier électronique? «Je ne peux pas l'affirmer mais pourquoi pas?», répond M. Montpetit. Ce qui n'est pas une très bonne idée, en fait. Et dans le cas de tous les services de courrier.

Car, de toutes façons, aucun de ces services n'est vraiment capable d'assurer une véritable protection des données ainsi transférées. De quoi devenir paranoïaque…

Chronique rédigée par Gildas Meneu

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Cette chronique est publiée chaque jeudi dans l'hebdomadaire ICI. ICI est une publication de Communications Gratte-Ciel distribuée gratuitement à Montréal.

Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 12 avril 2001


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