Attention, c'est chaud!
Le phénomène fascine des milliers d'adeptes du paranormal: la combustion humaine spontanée (des gens qui se mettent à brûler comme ça, sans crier gare) reste parfaitement inexpliquée. Et encore plus fascinante.
Comme vous le savez, le monde de l'informatique ferait n'importe quoi pour se faire remarquer. L'être humain branché doit donc maintenant faire face à un autre remarquable phénomène: la combustion informatique spontanée. Sans blague.
Fin août. États-Unis. Il fait chaud. Monsieur X - nous préférons préserver son anonymat, d'autant plus que nous n'avons aucun information sur son identité - Monsieur X, donc, pitonne tranquillement sur son portable de marque Dell. Et voilà que soudainement, il se met à fumer (le portable, pas le monsieur). Beaucoup. Panique. Il se précipite dehors avec son portable qui s'enflamme alors carrément.
Fort heureusement, personne n'est blessé.
Que s'est-il donc passé? La batterie a simplement surchauffée. Le court-circuit serait dû à la présence d'une substance étrangère qui se serait mélangée à la batterie lors du processus de fabrication. Pour votre information, Dell a donc rappelé aux magasins les portables incriminés, 27 000 Dell Inspiron 3700 et 3800 et Latitude CPx, CPt et CpiA.
Hasard ou coïncidence? Compaq s'est retrouvé quelques jours plus tard dans la même situation avec ses 55 000 Armada E500 et V300. Nous vivons vraiment dans un monde dangereux.
Recyclage II
Monsieur X devra donc mettre son portable Dell à la poubelle. Et d'un côté, la nouvelle m'enchante car elle me permet de revenir sur la question du recyclage des appareils électroniques.
Les Canadiens ont jeté 36 000 tonnes de vieux ordinateurs et autres appareils informatiques en 1999. En 2005, cette masse pourrait dépasser les 71 000 tonnes, selon une étude de Enviros Ris réalisée pour Environnement Canada.
Pour l'instant, tout ce beau matériel est brûlé ou enfoui. Et ce n'est pas très propre: un ordinateur contient 6% de plomb, 0,002% de mercure et 0,0009% de cadmium. En 2005, notre sol recevra donc 4260 tonnes de plomb, 1,5 tonne de mercure et une demi tonne de cadmium.
Plus difficile à évaluer est l'informatique qui dort. Environ 140 000 ordinateurs traîneraient dans les sous-sols des maisons, et 500 000 autres changeront de main car ils sont complètement dépassés. Pour l'instant, nous hésitons à jeter l'ordi à la rue car nous avons investit pas mal d'argent là dedans. Mais ce n'est que reculer pour mieux sauter.
La solution? Il est déjà possible de reconstruire un ordinateur à partir de deux ou trois dinosaures. Mais le résultat ne peut-être que limité. On ne transforme pas un vieux processeur en bombe multimédia.
La pression est donc mise sur les constructeurs afin qu'ils fabriquent des machines plus faciles à démonter et surtout, exempt de matières difficilement récupérables. Tout un défi. Aux États-Unis, on estime qu'en 2003, il se jettera plus d'ordinateurs qu'il ne s'en fabriquera.
Chronique rédigée par Gildas Meneu
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Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 02 novembre 2000