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Poussières électroniques

Les ordinateurs ont une espérance de vie plutôt limitée. Pas plus qu'un pauvre habitant de Sierra Leone, en tout cas. Et même, en fait, moins.

Le mien vient de fêter ses quatre ans. Un Pentium (quand même!) 100 équipé d'un seul et malheureux gigaoctet de disque dur. Un dinosaure, si vous préférez.

Je m'apprête à m'en débarrasser, donc. Si personne n'en veut, je le mettrai poliment dans ma boîte verte de recyclage. Ben oui, c'est plein de machins électroniques qu'il faut recycler, là-dedans. Il y a de l'argent, du cuivre, de l'aluminium, du plomb, du nickel, du cadmium, du zinc, de l'étain et peut-être même de l'or!

Le recyclage des matériaux électroniques est un autre de ces passionnants défis du siècle à venir. Près d'un milliard d'ordinateurs sont utilisés actuellement dans le monde. C'est sans compter les millions d'autres appareils électroniques en tous genres.

Ces appareils vont nécessairement atterrir dans une poubelle un jour ou l'autre. Et finir leurs jours dans un incinérateur. Certains métaux qui les constituent sont en effet dangereux pour l'environnement. Et puis, s'ils peuvent être recyclés, qu'ils le soient! Ce sera ça de moins à produire.

C'est pour toutes ces raisons que la Suisse, qui a toujours un train d'avance dans le domaine de l'environnement, mène actuellement des recherches dans ce sens.

Et les chercheurs de l'Université de Zurich sont tombés sur une piste intéressante: l'utilisation de champignons et de bactéries pour se débarrasser des poussières électroniques.

Cette lessive biologique pour matières informatiques est déjà bien connue dans le monde des mines qui s'en sert pour nettoyer les roches pauvres en minerais.

Ces ennemis de l'ordinateur ont pour nom thiobacille, une bactérie, et aspergillus et penicillium, deux champignons. Ils ont tous la même qualité de se nourrir de métaux.

Thiobacille, la bactérie mangeuse de métal, oxyde le souffre en le transformant en acide sulfurique. Elle est imbattable dans son combat contre le cuivre et l'aluminium.

Penicillium, lui, avale nickel, zinc, plomb et étain et le rejette sous forme d'acide citrique ou d'acide glutonique. Appétissant, non?

Une fois ces métaux transformés en solution, d'autres méthodes, plus classiques, comme les échangeurs d'ions, les électrolyses ou la modification du pH (degré d'acidité) permettent à ces métaux de réintégrer les circuits de production en tant que matière première utilisable.

Pour l'instant, cette méthode reste à évaluer. Elle nécessite beaucoup d'espace et d'eau. De plus, la résistance des petites bibittes aux métaux n'est pas illimitée. Ce n'est donc pas demain que l'on verra cette lessive biologique sur les comptoirs des pharmacies.

En terminant…

Cette petite phrase signée Dave Barry, un journaliste américain plein d'humour: «Si vous avez un peu de patience, vous découvrirez qu'on peut utiliser les immenses ressources du Web pour perdre son temps avec une efficacité que vous n'aviez jamais osé imaginer.» Plein d'autre citations marrantes comme ça sur Citations du monde.

Chronique rédigée par Gildas Meneu

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Cette chronique est publiée chaque jeudi dans l'hebdomadaire ICI. ICI est une publication de Communications Gratte-Ciel distribuée gratuitement à Montréal.

Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 19 octobre 2000


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