Pas de panique
La foule, c'est bien connu, n'est pas très intelligente. En fait, on évalue souvent son «âge mental» à celui d'un enfant de huit ans. C'est bien normal. Plus on est de fous, plus on rit.
Et plus on rit, plus on est fou. Et plus nombreux nous sommes à rire, plus on est fou. Bref, évitez de fréquenter les foules. Sauf si vos zygomatiques sont complètement atrophiés. Là, il est temps de faire une cure.
Tout cela pour dire que ce genre de comportement collectif a traditionnellement été étudié par des socio-psychologues. Les ordinateurs n'ont rien à voir là dedans.
Alors pourquoi toutes ces lignes inutiles?
Car dans un effort devenu systématique, les puces électroniques se sont soudainement mises à étudier les foules. Coïncidence.
Celui qui les a dressé s'appelle Dirk Helbing, un prof de l'université technologique de Dresden. Il a créé un modèle mathématique afin de mieux comprendre l'hystérie collective.
Sur son écran d'ordinateur, les individus ne sont que des petits points. Normal, car le modèle de Helbing s'applique particulièrement aux foules frappées d'un quotient intellectuel nul. Autrement dit, à des gens amassés qui ne pensent pas. Qui agissent purement collectivement.
Ses cobayes virtuels sont des individus amassés dans une pièce où ils ne peuvent voir ou utiliser les sorties de secours. En temps normal, une foule se déplace à un vitesse homogène, chacun respectant l'espace vital de l'autre.
Mais en cas de panique, alors que la vitesse du groupe augmente, on remarque des frictions et des télescopages qui, paradoxalement, provoque la baisse de la vitesse des déplacements. Autour des portes, les gens s'entassent. Certains s'évanouissent et sont piétinés. Les obstacles se multiplient. La panique augmente. Etc. La tragédie peut enfin commencer.
Que faire?
L'autre tragédie, c'est celle des solutions avancées par le chercheur. Selon le brillant cerveau, qui a attentivement interrogé son merveilleux ordinateur, il faut construire des barrières partielles devant les portes. Ce qui permettrait d'absorber la pression de la foule. Voilà une bien curieuse conclusion.
Mais le plus efficace, ajoute Helbing, est de ne pas suivre aveuglément les autres. L'individu doit réfléchir –rapidement - afin de trouver des solutions de rechange. Fiou.
Alors? Où est le scoop? Tout ce qui vient d'être raconté ressemble à quelque vérité de La Palice. La seule nouveauté, là dedans, c'est bien l'usage d'un ordinateur.
Entre les lignes, notre chercheur tente désespérément de montrer que l'usage de sa technologie dans la conception des lieux publics est indispensable. Car désormais, rien dans ce bas monde ne peut être conçu… sans l'aide d'un ordinateur.
D'ailleurs…
Un autre mur vient de tomber. Les magazines Forbes et Wired (entre autres) viennent de distribuer à leurs lecteurs un tour petit lecteur optique afin qu'ils s'amusent à scanner des codes barres dans leurs pages. Leurs grands yeux éblouis verront ainsi défiler de belles pubs sur leur ordinateur. Encore un cadeau de la foire commerciale de la convergence. On peut même plus lire tranquille.
Chronique rédigée par Gildas
Meneu
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Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 05 octobre 2000