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  La chronique BRANCHEZ-VOUS! ICI

 

Au bonheur des pirates

Vous aimez les MP3? Vous avez peur de les voir disparaître? Ne vous inquiétez pas, vous allez encore en profiter un bon moment.

Depuis bientôt deux ans, la Secure Digital Music Initiative (SDMI), un regroupement de près de 200 professionnels de la musique et de l'informatique, planchent sur un procédé de protection de ces fameux fichiers illégaux tant décriés.

Elle est (déjà!) parvenue à conclure deux choses :

Premièrement, il faut encoder les futurs MP3 que l'industrie musicale diffusera afin qu'il ne puisse être copiés.

Deuxièmement, les lecteurs MP3 doivent être capables de reconnaître les fichiers piratés afin qu'ils ne puissent les décoder.

De jolis défis pour les programmeurs, et, bien sûr, pour les pirates.
C'est là que la SDMI a eu une idée de génie.

Nom de code: hacksdmi.org

Objectif: 10 000$ de récompense au pirate qui réussira à pirater les systèmes d'encodage testés.

La SDMI a dans ses boîtes une douzaine de projet de chiffrement des lecteurs et des fichiers MP3. Pour en vérifier la fiabilité, il suffit simplement de demander aux pirates de ce monde de s'y attaquer. Il fallait y penser!

Ce fabuleux concours, qui se déroulera du 15 septembre au 7 octobre, est ouvert à tous les pirates de ce monde, avec, en bout de ligne, un joli petit montant à gagner. Quelle bonne idée.

Heu…

Il y a un hic. Il se pourrait bien qu'aucune de ces normes ne soit inviolable. Il faudrait alors que la SDMI revoit sa copie… à l'infini.

En informatique, c'est clair, nous sommes bien peu de choses. Chaque jour que Saint-Isidore fait (notre saint-patron à nous, internautes) se voit marqué du sceau du piratage. Souvenons, par exemple, que:

Il n'a fallu que quatre mois et la participation de 9500 ordinateurs pour «casser» une clé 109 bits basée sur un système dit des courbes elliptiques, considéré comme l'un des plus sûrs moyens de cryptographie. Cette clé devait équiper une nouvelle génération de téléphones cellulaires. C'est raté.

Il a fallu un an aux pirates pour parvenir à pirater la console de jeu Dreamcast de Sega. De nombreux amateurs y font désormais tourner des jeux copiés.

Ces derniers jours, le service de transfert d'argent Western Union s'est retrouvé dans de beaux draps: après le piratage en règle de son site Internet, plus de 15 000 numéros de cartes de crédit se seraient envolées dans la nature.

Les délais, je vous l'accorde, sont parfois longs. Alors que dans le cas de la SDMI, les hackers n'auront que trois semaines pour venir à bout des clés magiques de la musique en ligne. Mais c'est presque injuste, et inutile. Car si l'une des techniques se révèle inviolable, le sera t-elle vraiment une fois mise en circulation?

Alors?

L'industrie musicale traînent des pieds. Constatant –études à l'appui-, que le ventes de CD n'ont pas baissé depuis l'arrivée sur Internet de Napster et consorts ; et que les usagers de ces fichiers se révèlent être en fait de très bons consommateurs de musique traditionnelle, elle se gratte la tête sans arrêt. Mais si elle tarde à faire le saut dans le cyberespace, elle risque d'y perdre sa place. Car qui part à la chasse…

Chronique rédigée par Gildas Meneu

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Cette chronique est publiée chaque jeudi dans l'hebdomadaire ICI. ICI est une publication de Communications Gratte-Ciel distribuée gratuitement à Montréal.

Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 14 septembre 2000


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