Des vacances branchées
Dans le nouveau monde de la cyberéconomie (ou nouvelle économie, pour les intimes), l'été a été bien maussade. Comme pour les autres, d'ailleurs.
À la différence près que chez les branchés, la météo est sans importance. Ce qui leur a bouffé la vie? Le WAP.
Wireless Application Protocol. Sous ce ravissant acronyme, se cache une technologie qui est en train de nous gâcher les vacances. Cellulaires, ordinateurs portables, Palm et compagnie offre bien des libertés sauf une: celle de se débrancher.
Résultat, chez nos voisins américains qu'il faut désormais appeler «wapernautes», les vacances ne sont plus ce qu'elles étaient. Le chiffre est éloquent: 83% des travailleurs américains sont restés en contact avec leur bureau cet été, une augmentation de 20% par rapport à l'été dernier.
Bon, entendons-nous, pas n'importe quels travailleurs. L'étude vise les employés à temps plein qui gagne plus de 75 000 $US par année.
Quelques chiffres, mais pas trop:
-60% de ces travailleurs sont partis en vacances avec un Wap;
-dont 56% avec un téléphone cellulaire, 16% avec un ordinateur portable et 13% avec un téléavertisseur;
-61% de ceux qui ont emmené un cellulaire ont laissé leur numéro à un collègue de bureau;
-enfin, 39% de ces derniers ont reçu un appel du boulot pendant les vacances.
Pas drôle, le monde de la nouvelle économie.
L'ironie? Ce sont ces mêmes victimes à qui l'on prédisait il y a une trentaine d'année l'avènement de la société des loisirs. Autant vous dire – mais ce n'est pas dans l'étude - que l'on peut estimer que 98% de ces personnes sont frustrées.
«Les familles ont dû travailler plus pour maintenir le même niveau de revenu. Et l'idée d'une société des loisirs prospère rendue possible par le progrès technologique n'est pratiquement plus qu'une mauvaise blague», lit-on dans «Falling Behind: The State of Working Canada», un rapport publié en avril dernier par le Centre canadien de politique alternative.
Le phénomène semble toutefois ne toucher qu'une poignée de personnes, celles qui tiennent les rennes de cette nouvelle économie. Car il est clair qu'une tendance se maintient vraiment: le temps de travail diminue depuis le début du siècle. Mais un lieu commun subsiste: pour gagner de l'argent, il faut beaucoup travailler.
Les cochons
Ce que l'étude d'Andersen ne dit pas, c'est sur quoi se branchent ces wapernautes. Car ils ne passent pas 100% de leur temps à lire Bloomberg et le New York Times. Le cul a aussi fait son entrée dans le monde sans fil. Et un nouveau joujou va faire parler de lui: PornDigger, le réseau de la pornographie. Il permet l'échange de fichiers cochons sur le modèle de Napster dans le monde des MP3. Anonyme, discret et efficace. Très pratique, il est même équipé d'un bouton 911 pour le fermer en cas d'urgence. Reste un problème: le monde du XXX n'échappe pas aux lois sur les droits d'auteurs. Ça promet.
Chronique rédigée par Gildas
Meneu
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Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 07 septembre 2000